Les idées reçues sur le marché de l’animation et du manga : le piratage

Ces dernières semaines, on peut dire que les pirates étaient au centre de l’actualité. L’information principale, c’est la mise à disposition en streaming légal de l’animé One Piece sur le site de simulcast ADN, ce qui aura fait beaucoup de bruit parmi les amateurs de fansub et déclenché des salves de critiques concernant cette nouvelle licence. D’autre part, les maisons d’éditions japonaises ont aussi lancé une grande campagne de sensibilisation contre le piratage qui n’aura pas manqué de faire réagir une partie des consommateurs de manga et d’animé. Afin de mettre un peu d’ordre dans tout ce qui a été dit, je vous propose ce nouvel article destiné à combattre les idées reçues sur le marché de l’animation et du manga.

Sans le piratage et l’ère des fansubs la culture manga/anime ne se serait jamais aussi bien implanté en France et des plateformes comme Wakanim n’auraient jamais vu le jour car elles se sont installées sur une part de marché déjà existante grâce à ces mêmes fansubs.

En bref : Le marché s’est développé naturellement au fil des années.

Les jeunes consommateurs l’ignorent sans doute, mais le piratage d’animés japonais ne date pas de l’ère d’internet. Déjà à l’époque des vieux magnétoscopes et du minitel, certains faisaient leur petit business dans leur coin, à louer ou vendre des animés sur cassette à leurs amis. Si le piratage s’est développé grâce à internet, le marché légal ne l’a pas attendu pour en faire de même, que ce soit par des diffusions télé (TNT ou chaines payantes), des éditions DVD ou des projections cinéma. Avec l’émergence du simulcast, les raisons principales qui poussaient les gens à pirater, à savoir la facilité d’utilisation et la rapidité, se retrouvent désormais aussi dans le marché légal. Même en termes d’offre, le nombre d’éditeurs sur le marché permet de couvrir une vaste partie des sorties, ce qui évite ce vide que venait combler le marché pirate. Il est donc très probable que les deux « marchés » cohabitent pendant encore un temps, mais l’offre légale a su se creuser une place dans les habitudes des consommateurs de manière tout à fait naturelle.

 

Je n’ai jamais dit que des nouvelles licences avait été obtenu grâce au scantrad, mais que des nouvelles licences avait été obtenu grâce à la popularité du œuvre obtenu grâce au scantrad Par exemple The Promised Neverland

En bref : Les éditeurs mesurent la popularité d’un manga d’après ses ventes au Japon.

Afin d’être les premiers à repérer des titres prometteurs, les éditeurs procèdent à une veille, c’est-à-dire qu’ils scrutent les nouveautés parues dans les magazines de prépublication au Japon. Un titre peut simplement leur taper dans l’oeil, mais un succès au Japon peut aussi les conforter dans leur choix. Parmi les indicateurs de succès, on trouve évidemment le top Oricon, publié chaque semaine et détaillant les chiffres de vente de tel ou tel manga. Dans le cas de The Promised Neverland, par exemple, ses dizaines de milliers d’exemplaires vendus en quelques semaines (en plus d’être un titre issu du Shonen Jump) ont constitué un argument bien plus convaincant que le succès tout relatif qu’il a pu connaitre en scantrad.

 

Néanmoins, si je veux regarder légalement le moindre anime qui m’intéresse, je dois financer tous les abonnements. UN abonnement n’est pas grand-chose, surtout quand on observe les coups de production. En revanche, payer TOUS les abonnements génère une somme trop conséquente

En bref : Payer n’est pas une obligation.

En dehors d’Amazon et Netflix, les principaux sites de simulcast ont des offres gratuites. Cela peut concerner la majorité de leur catalogue ou uniquement certaines séries (ou épisodes), mais on peut tout à fait profiter d’une bonne centaine de séries sans dépenser un centime. Par ailleurs, il est également possible de ne se concentrer que sur un abonnement à la fois et procéder à un roulement entre les différentes plateformes afin de suivre les séries qu’on ne veut absolument pas rater. Payer n’est donc pas une obligation, mais payer tous les abonnements en même temps l’est encore moins.

 

On paye 7x plus chère les mangas en France

En bref : Les mangas ne coutent que quelques euros de plus en France.

Au Japon, le prix moyen d’un manga serait de 600 ¥, soit 4,70 €. A ce prix initial, il faut rajouter le coût de la licence payée par l’éditeur pour avoir le droit de commercialiser le manga en France, mais aussi le salaire du traducteur (et de l’adaptateur) qui va faire la traduction en français des textes japonais. Sachant que le prix moyen d’un manga en France tourne autour de 7 €, la différence est tout de même minime malgré ces coûts supplémentaires.

 

avez vous versez le moindre centime à la ********* ou a d’autre team de trad pour les encourager dans leur travail et rétribuer leur investissement personnel? Alors payer le droit de licence ailleurs pour une somme qui n’ira ni la poche des mangakas, ou des traducteurs mais bien celle de gros bonnets qui n’apporte aucune valeur ajoutée au produit.

En bref : Les acteurs du marché profitent tous des retombées économiques d’une licence.

Au même titre que les auteurs, les maisons d’édition et grands groupes sont tout aussi nécessaires. Il suffit de voir à quel point un nom comme le Shonen Jump permet à un manga de gagner immédiatement en notoriété. Les maisons d’édition fournissent des conseils aux auteurs, ils leur permettent de toucher un large public et sont aussi là pour les rémunérer. Il en va de même pour ces grands groupes, membres des comités de production, qui décident de la mise en chantier d’un projet de série animée. Ils soutiennent financièrement les créations issues des studios d’animation et, sans leur appui, la majorité de ces studios n’aurait tout simplement pas les moyens de subsister. Les éditeurs français doivent quant à eux payer des serveurs ou des entrepôts de stockage, mais bien évidemment aussi les traducteurs et relecteurs qui écrivent les textes français. En payant vos animés ou vos mangas, c’est à l’ensemble de ces personnes que vous apportez votre soutien.

 

Je terminerais par un point important :

les mec licencie un truc au bout de 846 « what else », leur trad moisi sur chaque animé qu’ils traduisent aucun respect de l’oeuvre, pas de titre honorifique (san, kun, dono, etc…) ce qui est un sacrilège sur une trad ils « franchouilladise » absolument tout

En bref : Une traduction doit paraitre absolument invisible.

Une œuvre va de pair avec le contexte dans laquelle elle a été créée et va nécessairement faire des références à sa propre culture. En adaptant une œuvre à un autre public, il va falloir s’éloigner de cette culture afin de permettre à ce nouveau public d’en profiter avec ses propres références. Il faut éviter tout exotisme, mais dans le même temps rendre fidèlement le sens du texte d’origine. La construction de la phrase française et celle de la phrase japonaise étant de base très différente, une traduction parfaite n’existe pas et celle-ci sera toujours affaire de compromis. Comme dit le proverbe : Traduire, c’est trahir.

 

Sources : Amazon, Shuppankoho, Anime News Network

Avec la contribution de Jakedax.

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