Focus – Le prix du reste de ma vie

A l’instar de Relife, on va suivre un protagoniste désabusé qui a échoué dans la vie. La différence ici, c’est qu’on ne lui donnera pas une chance de rebondir, mais plutôt de méditer sur son passé. On découvre alors une œuvre empreinte de mélancolie et avec un casting de personnages bien plus restreint.

Kusunoki était un enfant plein de rêves et d’ambition. Devenu un jeune adulte pauvre et désabusé, il entend alors parler d’une boutique dans laquelle il est possible de revendre son espérance de vie, son temps ou sa santé. Après estimation, il découvre qu’il lui reste trente ans et trois mois d’une vie insipide, évaluée à 300 000 yens. Il décide alors de vendre son espérance de vie, à l’exception des trois derniers mois qu’il passera sous la supervision de Miyagi, une jeune femme chargée de veiller à ce qu’il ne commette rien de répréhensible durant ce laps de temps…

Le prix du reste de ma vie est une adaptation d’un roman de Sugaru Miaki dont il est difficile de parler sans entrer dans le détail. Le dessin n’est pas particulièrement fouillé, car il sert surtout d’illustration aux propos de l’œuvre, qui font toute la grandeur du titre. L’auteur nous dépeint un héros qui vit dans le passé, parce que son quotidien ne le satisfait pas. A un âge où l’on est en pleine transition vers la vie d’adulte et qu’on remet en question beaucoup de certitudes de notre adolescence, il a déjà l’impression d’être passé à côté de sa vie, et il se raccroche à quelques souvenirs enjolivés. De premier abord très froide, l’œuvre devient plus positive au fur et à mesure des chapitres, tandis que le propos se mue en un véritable message d’espoir. Alors que les deux protagonistes se rapprochent naturellement au fil de l’histoire, le titre nous rappelle l’importance des liens qu’on tisse, à l’image de Kusunoki qui n’aurait jamais pu avancer sans l’arrivée de Miyagi dans sa vie.

L’œuvre n’hésite pas à s’appesantir sur les émotions les plus sombres de l’homme, tout en assénant certaines vérités avec une effroyable froideur. Nombreux sont les gens qui se bercent d’illusions, croyant que leur vie n’a pas encore vraiment commencé, que l’opportunité qu’ils attendent finira par arriver, jusqu’à ce que leur vie arrive à sa fin avant même qu’ils ne s’en soient rendus compte. Alors, on se réconforte et on trouve son bonheur dans le malheur d’autrui, on adopte une attitude hypocrite plutôt que de chercher à comprendre notre entourage. Au fond, c’est à nous de choisir notre vie et la valeur qu’on lui accorde, sans chercher à plaire aux autres. C’est en étant en accord avec soi-même qu’on trouve le bonheur, même s’il faut parfois aller à l’encontre du sens commun pour ça. Ainsi, alors que l’histoire s’ouvre sur un protagoniste qui n’a plus rien à perdre, celui-ci va finalement accepter son sort pour profiter au mieux des derniers jours qu’il lui reste, en montrant comment le vrai bonheur rayonne sur notre entourage. Un message subtil que distille l’oeuvre tout au long de ces trois tomes, pour une histoire ni trop longue ni trop courte.

J’ai un attachement particulier envers les histoires de Sugaru Miaki et le message qu’elles portent. Le prix du reste de ma vie est le genre d’oeuvre qu’il vaut mieux lire d’une traite pour pleinement en saisir le sens, c’est donc assez dommage que le troisième tome ait tant tardé à sortir. Personnellement, voir ces protagonistes partir d’en bas, pour ensuite remonter la pente et finalement trouver la satisfaction de vivre, c’est typiquement ce qui résonne le plus chez moi. Bien sûr, j’imagine que tout le monde ne le ressentira pas de la même façon. On peut notamment passer totalement à côté si on découvre le titre trop tôt ou trop tard dans notre vie ou notre parcours de lecteur. En tout cas, si vous pensez avoir besoin de vous recentrer sur votre propre existence, je peux vous dire que c’est une oeuvre à côté de laquelle vous ne pouvez pas passer.

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