Edito – Giorno Giovanna et le symbolisme

S’il y a bien une chose que j’ai remarqué en général dans la communauté Jojo c’est le repoussoir que représentait la partie 5. Parmi les critiques, l’une qui revient le plus souvent est sûrement celle affirmant que le protagoniste, Giorno, serait vide et inintéressant.
Vous aurez compris que je ne partage en aucun cas cet avis et le but de ce court édito va être de vous démontrer en quoi.

Attention : L’article comportera des spoils sur la partie 5 de Jojo’s Bizarre Adventure.

Une relation symbolique au cœur du récit et du personnage

Le premier aspect que je remarque c’est le regard quelque peu biaisé des gens sur la place de Giorno dans l’histoire, notamment par le prisme du Jojobro de cette partie : Bruno Bucciarati.
Pour beaucoup il éclipse totalement Giorno de par le fait qu’il soit plus complet, avec des objectifs plus affirmés et une personnalité moins ambiguë que notre protagoniste. Giorno serait donc un sous Bucciarati, ce serait une vision que j’aurais partagée si leur relation était comme celle de Joseph et Ceasar dans la partie 2.
Cependant ce n’est pas le cas, il faut bien avoir à l’esprit que Giorno, aussi calme et mature qu’il puisse le laisser paraître, reste un adolescent de 15 ans, avec de belles valeurs bien affirmées certes, mais un adolescent influençable. A cette période de notre vie on se cherche beaucoup. Je veux vous faire comprendre que la relation Giorno-Bucciarati est celle d’un leader, modèle avec un « élève ».

Bucciarati admire Giorno pour sa bravoure mais ce n’est point égal avec l’admiration que Giorno peut lui porter.
Cette image de modèle, de leader inspirant, est la figure qu’incarne Bucciarati pour tous les autres personnages, là où Giorno s’identifie en tant qu’idéal.
Giorno ne se limite cependant pas qu’à ce dernier. Dans une moindre mesure, Abbachio et Mista par leur notion de sacrifice ont incarné une valeur à laquelle Giorno va s’identifier et s’inspirer au cours de son voyage initiatique.

Bucciarati est un mentor pour Giorno, et dès que la symbolique transmission de flambeau a lieu durant l’affrontement final, personne n’osera nier la prestance qu’a eu notre protagoniste. Il est désormais un leader grâce à son mentor et son expérience.

Je n’ai pas la prétention de détenir le bon regard sur le rôle du personnage de Giorno dans la narration. Néanmoins, je pense être dans le juste et j’invite tous ceux qui l’interprétaient via le prisme de la comparaison avec Bucciarati à comprendre mon point de vue.

Passons maintenant au deuxième sujet qui fait du héros un personnage réellement passionnant : le symbolisme incarné par ce dernier face à l’antagoniste.

Giorno : un personnage symbole

Vento Aureo est une partie de Jojo fortement influencée par le christianisme en général. Des notions aussi universelles que le destin et la justice sont au cœur du récit. Il n’est pas rare que ce soit un des aspects reprochés à la partie ; cependant, quand bien même les thèmes semblent être vides d’intérêt et déjà vus, il faut avant tout voir comment l’auteur les exploite pour les rendre intéressants.
Araki a choisi de traiter ce sujet via le prisme des personnages symboles en référence au christianisme donc, de manière très imagée pour ne pas laisser de doute à l’interprétation.

Giorno est le fils de Dio (Dieu) et semble donc incarner le Christ, Diavolo lui incarne le diable, et les compagnons du héros les martyrs dans sa quête initiatique. L’opposition de Giorno avec l’antagoniste ainsi que la course pour la flèche sont deux éléments centraux du propos.
Diavolo est un homme qui veut jouer avec les rouages du temps pour effacer son passé. Il s’estime comme dominateur de tout. Puissant chef de la mafia, il n’hésite pas à faire les pires abominations pour être respecté et craint.
Son stand, King Crimson, répond à sa volonté intrinsèque de domination du temps et des hommes. Il dégage une impression de toute-puissance et désoriente constamment ses adversaires.

C’est un antagoniste particulièrement dangereux pour nos protagonistes, et sa menace pèse constamment sur le groupe. De toutes les parties de Jojo, Diavolo est celui qui a éliminé le plus de camarades du héros.
Je tiens à souligner à quel point l’auteur a voulu faire de son antagoniste un personnage profondément menaçant et dangereux.
Giorno, quant à lui, est un adolescent épris d’une profonde volonté de justice. Son stand Gold Experience est unique puisqu’il permet de donner la vie à des choses. L’opposition est donc très imagée et claire pour comprendre l’importance de la fin du récit.

Leur opposition tourne autour de l’artefact : la flèche requiem. Elle est comme une consécration pour quiconque mettra la main dessus. Elle répondra à la volonté intrinsèque de son possesseur.
Elle est la finalité, la récompense de Giorno pour son sens de la justice qui n’a jamais failli grâce à ses camarades et notamment Bucciarati. Notre héros se fait transpercer par Diavolo et, tel le symbolisme qui le représente, à savoir Jésus, Giorno ressuscite et obtient un stand d’une puissance divine : Gold Experience Requiem.

Certains ne voient en ce stand qu’une facilité scénaristique ; pourtant dès lors qu’on a compris la narration et le symbolisme porté par Giorno, on comprend que ce stand n’est que pure logique pour n’avoir jamais failli.
Gold Experience Requiem, de par son aspect divin, constitue aussi la punition pour Diavolo, son rappel à l’ordre. Un rappel pour signifier que nul mortel ne saurait s’approprier le temps, et il est des plus implacables car Diavolo ne connaîtra jamais la réalité de la mort en enchaînant ses propres meurtres.

Enfin…

Pour conclure, je voulais dire que j’ai toujours perçu Giorno comme un personnage qui s’appréciait de loin, c’est-à-dire que je ne voyais jamais de volonté d’identification à ce dernier, tout comme un Jotaro dans un autre registre. Je pense que beaucoup de personnes ont voulu s’identifier à lui mais cette manière d’appréhender le personnage n’est définitivement pas en adéquation avec ce dernier, pour moi.
Il est certainement un de mes Jojo préférés. J’ai une profonde admiration pour Giorno, sa prestance, son charisme, son calme à nul égal, son intelligence, mais enfin et surtout le puissant symbolisme qui l’entoure, plus fort que n’importe quel autre personnage de l’œuvre.

Mes excuses, je ne me voyais pas parler de Vento Aureo sans placer cette scène !

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