Focus – Kaguya-sama wa kokurasetai S2

À l’instar de Danshi Kôkôsei no Nichijô, Kaguya-sama est une série d’humour où s’enchainent les petites saynètes. La différence, c’est qu’on est ici en présence d’une romcom, l’humour n’est donc pas le seul moteur de la série. Elle parvient aussi à glisser ça et là des touches d’émotion et se sert de sa réalisation léchée pour toujours nous faire rire (aux larmes).

L’académie Shûchiin compte parmi ses rangs les élèves les plus brillants, sur lesquels tous les espoirs reposent. Un jour, au BDE, la vice-présidente Kaguya Shinomiya et le président Miyuki Shirogane se rencontrent et tout laisse à penser qu’ils se plaisent. Mais six mois s’écoulent sans que rien ne se passe ! Ils sont tous deux aveuglés par leur fierté, et ne cherchent qu’à pousser l’autre à se déclarer. Tout le plaisir de l’amour s’éprouve avant qu’il soit avoué ! Une comédie romantique et psychologique qui va faire sensation ! C’est la guerre !

La seconde saison de Kaguya-sama est une production du studio A1-Pictures (Your lie in April, Working, Sora no oto…) avec à sa tête Omata Shinichi. Celui-ci a notamment officié au sein du studio Shaft sur quelques épisodes d’Arakawa under the bridge ou encore Madoka Magica, et on sent bien cet héritage dans ses tics de mise en scène. Plus récemment, c’est à lui que l’on doit la réalisation de Shôwa Genroku Rakugo Shinju, série qui s’était justement illustrée pour sa mise en scène des performances de rakugo. Pour un animé comme Kaguya-sama, centré sur un petit groupe de personnages et où la majorité de l’intrigue se passe en huis clos, inutile de dire qu’on pouvait difficilement avoir personne plus compétente.

Une des premières choses qu’on remarque dans la série, c’est l’utilisation abondante du kagenashi, c’est-à-dire un contraste nul par l’absence d’ombres. De fait, Kaguya-sama est une œuvre stylistique, à la réalisation extrêmement riche et s’amusant véritablement avec son support. Elle nous met régulièrement à la place des personnages en jouant avec la mise en scène afin de coller au propos, ou va même jusqu’à recréer le medium manga directement en animation. C’est justement par ce genre d’idées que la série s’était déjà fait remarquer dans sa première saison, que ce soit par cet ending devenu viral de la danse de Chika, ou encore le « Comme c’est mignon« . En s’appuyant sur les bases de la première saison, cette seconde itération n’a fait que renforcer encore les qualités du titre, n’hésitant pas non plus à changer complètement l’esthétique du titre pour coller à des clichés, voire à instaurer des running gag entre les deux saisons.

Cela étant, s’il y a un point sur lequel la série se distingue très nettement, c’est sa bande-son. La partie sonore est souvent mise au second plan dans les comédies, l’humour s’appuyant principalement sur le rythme ou le visuel. A l’inverse, c’est ici un véritable point fort du titre, que ce soit au niveau du doublage ou de l’OST. Il est en effet rare de voir une comédie se servir si habilement de références audio (musique du Parrain, de Rocky, de Lady Oscar…), tout en faisant passer ses doubleurs par toutes les émotions. Mention spéciale à Aoi Koga qui donne sa voix à Kaguya et qui possède une gamme de tons absolument incroyable. Et c’est finalement ce qu’il y a de plus embêtant avec cet animé. Impossible d’écrire un bon article dessus, tant elle use avec brio les codes de son medium. Kaguya-sama est une œuvre qui ne se raconte pas, mais qui se regarde et s’écoute.

J’avais eu du mal à rentrer dans la première saison, si bien que j’avais dû m’y reprendre à deux fois. Arrivé au bout de ses 12 épisodes, je n’y voyais qu’une sympathique série d’humour, qui ne resterait pas forcément dans les mémoires. En clair, rien ne m’avait préparé à la déferlante d’idées et de gags que contiendrait cette suite. Un jeu qui implique de gonfler un ballon jusqu’à ce qu’il éclate n’aurait rien de très marrant normalement, mais dans une série où l’on s’amuse des errements psychologiques des personnages, c’est tout de suite beaucoup plus drôle. De manière générale, on sent même que l’équipe s’est fait plaisir, jusque dans le générique du dernier épisode où tous les personnages y vont de leur petit mot, leur petit gimmick dans un véritable feu d’artifice. Je dois aussi reconnaître que si j’aime autant la série, c’est pour la présence de Chika (et ça n’a absolument rien à avoir avec le fait que Kohara Konomi soit sa doubleuse), ainsi que pour la petite nouvelle, Miko, qui remplit le rôle de l’ingénue au milieu d’un conflit (sans importance) qui la dépasse. En définitive, je comprends tout à fait que les fans réclament le manga, même si je ne suis pas certain qu’il soit à la hauteur d’une telle richesse dans la mise en scène. Mais ce qui est sûr, c’est que j’attends désormais une saison 3 avec impatience, et ce n’est pas le contenu qui manquera.

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