La recette d’une critique objective ou presque

Quand on commence à vouloir partager sa passion pour la pop-culture japonaise autour de nous, on se rend vite compte qu’un simple « best anime ever » n’est souvent pas suffisant pour donner envie à quelqu’un de s’y intéresser. Seule une critique un minimum travaillée permettra de mettre en avant les qualités de l’oeuvre en question. De fait, comme l’a souligné l’ami Jakedax dans un précédent article, on trouve trois écoles de la critique : La critique objective, la critique subjective et la critique qui concilie les deux. Mais parler d’objectivité serait un abus de langage, car ce que l’on cherche à décrire en réalité, c’est l’intellectuel par opposition à l’émotionnel. En somme, expliquer ce qui aurait pu nous déranger dans le cadrage, le rythme ou encore la cohérence, plutôt que tenter d’expliquer pourquoi une oeuvre nous a touché, fait rire ou pleurer.

Dans le cas d’un animé, ainsi que dans toute oeuvre audiovisuelle, on peut diviser notre expérience en trois composantes majeures : le visuel, l’auditif et le narratif. Une oeuvre ne peut parvenir à une certaine qualité sans respecter leurs codes de même que l’harmonie qui doit exister entre eux. Trahir un de ces principes serait en effet courir le risque d’accoucher d’une oeuvre déséquilibrée et de faire sortir le spectateur de l’oeuvre en rompant la suspension consentie de l’incrédulité. Notez toutefois que les exceptions sont nombreuses et que ces principes ne valent que dans un cas général, donc hors de propos lors des parodies ou détournements si chers aux scènes d’humour par exemple.

L’animation

Pour un animé, la caractéristique première est bien entendu l’animation que l’on pourra analyser sous plusieurs angles. Tout d’abord la fluidité de séquences qui s’enchainent à la même cadence. Le chara-design qui propose des personnages à l’apparence unique. Le off-model qu’on cherche à éviter en respectant le chara-design et ses détails. Le réalisme des mouvements des personnages qui respectent la physique de leur corps. La composition qui intègre correctement les techniques d’animation (2D/3D/photo…) entre elles. La colorimétrie qui adapte l’éclairage selon l’heure et le lieu de la scène. Le style uniforme qui évite qu’une séquence ne laisse trop transparaitre la personnalité d’un animateur. Et enfin, le recyclage qu’on évite en proposant des séquences toujours originales.

La musique

De l’ordre de l’intellectuel et de l’émotionnel à la fois, la musique fait appel à un affect qui s’est construit grâce à une infinité de morceaux. Ceux-ci ont peu à peu enrichit votre culture musicale de connotations diverses et variées et aller contre cette base établie peut créer un décalage. Le ton d’une musique enjouée ne serait bien évidemment pas adapté à une scène triste. Ainsi, une mélodie à intervalles mineurs est généralement utilisée pour évoquer la mélancolie, l’introversion ou encore le mystère. De même, parmi les instruments, le violon et le piano sont traditionnellement associés à des compositions teintées de tristesse et reprendre un thème au piano assurera de lui donner une touche mélancolique. Enfin, dans un registre plus technique, le respect de la balance des sons assure que la musique ne couvre pas les voix et inversement.

La narration

Que ce soit dans un animé, une BD ou un roman, la narration est une base essentielle qu’il est possible de découper en plusieurs aspects. Premièrement, la cohérence veut qu’une nouvelle information ne vienne pas contredire une information passée. Les personnages doivent avoir suffisamment de traits de personnalité pour paraitre crédibles. Le développement de l’histoire doit avoir un impact sur l’évolution des personnages et leur caractère. Enfin, et c’est particulièrement le cas dans une oeuvre visuelle, la narration doit passer tout aussi bien par l’image que par les dialogues : show, don’t tell.

Dans tous les cas, la meilleure manière de juger d’une oeuvre reste de comparer les intentions de départ avec le produit final. Se renseigner sur la production est un premier pas pour apporter une critique réellement pertinente, en particulier dans le cas d’une série animée qui mobilise des dizaines et des dizaines de personnes. Pensez-y, la prochaine fois que vous voudrez partager un de vos coups de coeur sans vous contenter d’un simple « best anime ever ».

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