C’était Kyoto Animation… et ça le restera

Dans le paysage de l’animation japonaise, il est indéniable que Kyoto Animation est un studio à part. Par son style unique, celui-ci a su se faire une place dans le coeur de nombreux fans, comme en attestent les témoignages de soutien affluant du monde entier. Dans cet article, j’aimerais à mon tour rendre hommage au studio en revenant sur toutes ces choses positives qui ont fait sa renommée.

Fondé en 1981 par Yoko Hatta et son mari, Kyoto Animation a connu une lente évolution au fil des ans. D’abord simple sous-traitant, celui-ci a petit à petit gagné en compétences pour finalement devenir un studio à part entière. Dès son origine, on comptait parmi ses effectifs une majorité de femmes, une différence qui a probablement contribué à la naissance de cette philosophie si unique dans le milieu de l’animation japonaise. En effet, le studio accorde une importance majeure à l’émotion dans ses oeuvres. Cela se traduit par une animation avant tout centrée sur le character-acting plus que sur les scènes d’action, de même qu’une orientation vers un style moe. Néanmoins, le studio ne s’économise pas pour autant et nous gratifie de scènes qui lui ont valu la réputation de toujours produire des animés d’une grande qualité technique.

Cette constance dans la qualité de leurs animés trouve une explication dans la façon de faire du studio. Généralement, un animé est financé grâce à un comité de production dans lequel on retrouvera des diffuseurs, des producteurs de jouets, de musique, etc… Les studios ne pouvant se permettre de prendre des risques financiers, leur retour sur investissement est donc lui aussi minimal. A l’inverse, KyoAni a assez rapidement tenté d’être la source de financement principale de ses animés. Cette prise de risque leur a été bénéfique puisqu’ils peuvent se permettre de rémunérer correctement les équipes ayant participé à la création de l’animé en question. Ils ont même été encore plus loin ces dernières années, en créant leur propre maison d’édition dans laquelle ils piochent pour trouver de nouveaux contenus à adapter.

Dans son fonctionnement interne, KyoAni a aussi tout d’un OVNI par rapport aux autres studios d’animation. En effet, là où les animateurs travaillent généralement comme free-lance, KyoAni ne compte que des employés à temps plein, chose dont seul le studio Ghibli pouvait lui aussi se targuer. Avec un revenu mensuel fixe, les employés ne souffrent pas d’une contrainte financière qui les forcerait à enchainer les dessins pour atteindre un salaire suffisant. Ils peuvent alors au contraire peaufiner à loisir leur travail pour rendre un produit de qualité. Dans ce contexte, les heures supplémentaires sont évidemment réduites à leur minimum, mais il faut aussi savoir que les parents de jeunes enfants peuvent faire des journées de travail plus courtes. Les jeunes mamans peuvent quant à elle bénéficier de congés maternité et seront tenus au courant des dernières informations du studio grâce à un magazine interne. Dans ces conditions, c’est tout un microcosme qui nait autour du studio. D’une part, les employés sont rattachés au studio et n’effectuent pour ainsi dire jamais de travail pour un autre studio, mais en plus KyoAni ne sous-traite pas du tout à d’autres. Cela permet de réduire les délais de production, tout en ôtant la contrainte du temps des épaules des animateurs, assurant ainsi des oeuvres de qualité grâce à des plannings de production exemplaires. C’est ce qui a permis la projection plusieurs mois à l’avance des premiers épisodes de Violet Evergarden, tout comme sa diffusion en simulcast sur Netflix, ces derniers ayant pu produire une VF bien avant la diffusion de l’animé.

Pour finir, une des influences majeures de KyoAni sur l’ensemble de la production animée, on la doit à son école de formation. Les jeunes animateurs peuvent bénéficier du savoir-faire des anciens tout en faisant leurs armes dans ce milieu très précaire. Lorsque l’envie leur prendra de faire leurs preuves ailleurs, ils pourront donc apporter leurs compétences techniques à de nouvelles productions et à d’autres studios, donnant à l’expertise technique de KyoAni un rayonnement sur l’ensemble de l’industrie de l’animation. Tandis que le nom d’un studio n’a généralement pas grande importance comparé aux personnes qui travaillent effectivement sur un animé, Kyoto Animation est un studio qui a su se forger une identité pour toutes les raisons évoquées plus haut. Alors, en cette période difficile à encaisser pour tout le monde, je pense qu’il est bon de rappeler ce qu’était Kyoto Animation… et ce qu’il sera toujours.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s