La conquête spatiale, dans les mangas et ailleurs

C’était le 21 juillet 1969, soit il y a déjà 50 ans, que le 1er homme a mis le pied sur l’astre lunaire. Entre des avancées scientifiques et une évolution technologique fulgurantes, on pensait bien que l’homme arriverait à coloniser Mars. Pourtant, le temps a tempéré notre fièvre de conquête spatiale puisque nous sommes encore loin de fouler le sol martien, à peine au début de la mission InSight. En revanche, une chose est sûre, c’est que dans les mangas ou la BD, l’espace continue de faire rêver et a su inspirer nombre d’auteurs. Voici un petit florilège de titres qui abordent l’exploration spatiale.

Tintin – Objectif Lune (1953) / On a marché sur la lune (1954) Casterman

« En Syldavie, Tournesol met au point sa fusée lunaire à moteur atomique et veut partir sur la Lune, en compagnie de Tintin et du capitaine Haddock. Mais de mystérieux incidents mettent à mal ce projet : la fusée d’essai est détournée, une tentative de vol des plans se produit… Qui se cache derrière cela ? Et la fusée pourra-t-elle décoller ? »

Précurseur, Hergé a inventé cette histoire 15 ans avant que le premier homme ne marche sur la lune, projet qu’il nourrissait depuis déjà de nombreuses années et c’est l’actualité de l’époque qui lui a fait franchir le pas. Avec un univers et des personnages très intéressants, on a aucun mal à s’imaginer que tout cela est possible. Les décors, les situations et surtout la fusée sont une leçon de dessin, avec une multitude de détails vraiment bien pensés, une preuve à qui en doute encore qu’Hergé, en plus d’avoir une imagination folle, était pétri de talent et savait s’entourer des bonnes personnes pour faire mûrir ses idées. 

Ref: https://fr.tintin.com/albums/show/id/16/page/0/0/objectif-lune

 

Planetes (1999) Panini

 

En l’an 2075, nous suivons le quotidien d’éboueurs de l’espace, chargés de collecter les débris flottant tout autour de la Terre. A une époque où les vols spatiaux sont désormais à portée de tous, une simple vis flottant dans le vide spatial peut être à l’origine d’un drame. Et comme l’envisage le syndrome de Kessler, plus le nombre de débris sera grand, plus la possibilité de collision sera importante, augmentant encore le nombre de débris, jusqu’à rendre toute exploration spatiale totalement impossible. C’est sur cette base que débute Planetes, une oeuvre qui confronte les rêves de conquête spatiale à la dure réalité. Hachimaki, héros de cette histoire, est quelqu’un pour qui l’espace n’est qu’un lieu de travail comme un autre. Aspirant toutefois à de grandes choses, il se rêve comme propriétaire de son propre vaisseau spatial ou membre d’une mission d’exploration, mais avant cela il ira au-devant de nombreuses péripéties. Lui et ses collègues feront notamment face à des activistes souhaitant rendre à la Lune son aspect naturel que l’homme a défiguré en la colonisant. C’est lors de cet épisode qu’Hachimaki fera la connaissance d’une des rares « habitantes » de la Lune, une humaine née là-bas et dont la morphologie ne lui permettrait pas de vivre sur Terre compte tenu de la gravité plus élevée. Ainsi, le titre débute comme une vision terre à terre de la conquête spatiale, mais il sera rapidement émaillé de nombreuses réflexions autour de celle-ci, voire carrément de questionnements philosophiques par rapport à notre humanité.

 

Space Brothers (2007) Pika

 

« Sous un ciel étoilé, alors qu’ils étaient enfants, Mutta et son petit frère Hibito se sont fait une promesse. En 2025, Hibito a réalisé son rêve, il est devenu un astronaute prêt à décoller pour une mission sur la lune. Mutta, quant à lui, est un peu perdu. Au chômage après avoir gratifié d’un coup de boule son supérieur hiérarchique, le voilà rentré dans la maison familiale, coincé entre ses deux parents. Heureusement, un mail de son frère produit un déclic et réveille ses ambitions d’exploration spatiale… »

Vision très réaliste de ce qui pourrait être le futur de l’exploration spatiale, une histoire qui en montre énormément sur tous les métiers qui gravitent autour des astronautes et leurs homologues. Pour parvenir à ces détails, le mangaka Chuya Koyama a été chercher des informations directement à la source, la NASA et la JAXA (Japanese Aerospatial Xploration Agency). Autant vous dire qu’en plus d’en apprendre beaucoup, on en prend plein la vue à chaque tome.

 

Terraformars (2011) Kazé

 

Au 26ème siècle, cela fait maintenant 500 ans que l’humanité a lancé une opération de terraformation de la planète Mars grâce aux cafards. Lorsqu’une mission de reconnaissance arrive pour constater que l’opération est une réussite, elle ne s’attend pas à tomber sur des cafards humanoïdes et surpuissants. Une lutte débute alors entre cette nouvelle variété de cafards et des humains modifiés génétiquement pour leur faire face. Par cette prémisse sortie tout droit d’un film de série Z, Terraformars se veut être un déluge d’action où les combats s’enchainent sans temps mort. Néanmoins, le titre est très bavard quand il s’agit de donner plus de détails sur les insectes et animaux ayant servi de base de mutation aux humains et aux cafards évolués. Il n’oublie pas non plus de nous rappeler qu’une opération de colonisation est avant tout une opération humaine, avec tout ce que cela implique. Les membres de la mission de reconnaissance sont poussés par des motivations très humaines et il en va de même pour les gouvernements derrière ce projet. Même si les nations ont beaucoup changé en plusieurs siècles, on constate ainsi que même une opération d’une envergure aussi grande peut faire le jeu de manœuvres politiques.

 

La Cité Saturne (2006) Kana

« La Terre est devenue une zone protégée, interdite d’accès. Pour que les hommes continuent d’habiter à proximité, une cité formant un anneau autour de la planète a été construite. Mitsu est le fils d’un laveur de carreau qui a disparu lorsqu’il nettoyait les vitres extérieures de l’anneau. À peine sorti du collège, le jeune garçon décide de reprendre le travail de son père. Arrivera-t-il à résoudre le mystère qui entoure sa disparition ? »

Dans cet univers, les habitants sont répartis dans la cité, en fonction de leur classe sociale, situation qu’on retrouve assez souvent dans les récits où la Terre à été abandonnée. « L’espace, cet univers infini », une réplique qui ici prend tout son sens dans le regard du jeune Mitsu, au gré de ses sorties, plus belles et dangereuses les unes que les autres. On se plaira à écouter les habitants raconter leurs histoires passées, souvent avec un fond de nostalgie. Une tranche de vie calme et douce où on prend plaisir à se laisser porter par le récit et ce qu’on voit.

 

Astra Lost in Space (2016) Nobi Nobi

 

En 2061, l’espace est devenu une destination touristique comme une autre, permettant même à des lycéens de se rendre sur une autre planète pour un camp de vacances. Mais cette escapade va vite se transformer en situation de crise lorsqu’ils vont tous se retrouver téléportés à des années-lumières de leur lieu de départ. Avec un vaisseau vide comme seul moyen de rentrer chez eux, ils vont devoir s’unir pour surmonter les problèmes qui vont se présenter à eux. Astra commence donc comme une épopée spatiale, prétexte à l’exploration, à la découverte de nombreuses espèces et à la survie en milieu inconnu, mais le titre laisse rapidement place à une ambiance de huis-clos. Entre les fuites d’atmosphère, les problèmes de communication, les dérèglements de la gravité artificielle, la suspicion grandit entre les membres d’équipage et ils vont devoir vivre ensemble tout en résolvant la menace qui semble planer sur eux. Si le titre compte encore peu de tomes, on peut déjà affirmer une chose, c’est qu’il est prometteur.

 

 

Shanghri-la (2016) Ankama Label 619

Dans une société trop bien huilée qui rappelle par beaucoup de point un certain Wall-E, nous suivons Scott, un explorateur qui ne se posait pas de questions et se contentait de faire son job. Pourtant, il va au fil de ses découvertes mettre au jour un secret sur son employeur qui va bouleverser sa vie tranquille. Un récit haletant où la guerre technologique est mise de côté au profit de la guerre sur l’évolution et les limites de l’éthique. On parcourt des paysages magnifiques, porté par une composition graphique de premier ordre. L’homme veut sans cesse repousser les limites mais pourrait à un moment se retrouver l’ennemi de sa propre évolution. 

 

Il existe évidemment encore bien d’autres oeuvres qui se tournent vers les étoiles. Et vous, quels sont les titres qui ont su vous marquer ?

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