Ça vaut quoi, un 10/10 ?

Au rayon des questions futiles, mais néanmoins existentielles qui me turlupinent (et j’adore ce mot), une qui revient très régulièrement est celle de la notation. Pourquoi ? Probablement parce que la note attribuée par tout amateur à un animé est un sujet de débats passionnants entre fans. Le rapport que nous avons à la note est très particulier, aussi me semble-t-il important de l’aborder dans un article. Mais pour ça, il me fallait un point de départ.

Et ce point de départ est venu dans une discussion avec un collègue, il y a quelques mois. À ce moment-là, il vient me demander, pour une liste de recommandations, quels sont mes animés marquants, les résumant à ceux auxquels j’ai attribué un 10/10. Je réponds pouvoir remplir seul la liste, ce qui l’étonne et le pousse à me demander si j’ai autant d’œuvres marquantes. J’émets la réflexion que je n’en ai probablement pas tant. Vient alors le moment où je donne le nombre d’entrées de ma liste ayant la note maximale. Et le nombre que je lui ai donné, aux alentours de 90, l’a grandement surpris. Car, pour certains, c’est beaucoup trop.

Alors, voilà. Après une précédente réflexion sur le genre de la comédie (que je vous invite à lire) et la façon dont il a tendance à être dénigré (consciemment ou pas), j’ai envie que l’on s’attarde un peu sur la façon dont on appréhende un titre, dont on le reçoit. Mais surtout, j’ai envie de parler de la façon dont on le juge, de ce qu’implique une note pour nous ou pour les autres, et, plus globalement, de la façon dont on la perçoit.

Aujourd’hui, posons-nous un peu, le temps de nous demander ce que vaut un 10/10.

Pour m’aider dans cette réflexion, j’ai pris le temps de poser cette question à une dizaine de personnes, qui ont très gentiment accepté ma démarche et se sont prêtées au jeu. Je les remercie donc chaleureusement. Leurs opinions ont d’ailleurs (presque trop) parfaitement répondu à mes attentes, explorant le spectre dont je souhaitais parler. L’une d’elle représente même exactement ce dont je voulais parler, de façon assez pertinente. À noter toutefois que les opinions recueillies serviront la structure de cet article, sans les relier à un auteur ou pseudo en particulier. Le but étant de parler des différentes approches et d’en dégager quelque chose. Bref ! Merci donc d’avoir accepté cette (beaucoup trop) longue introduction et entrons à présent dans le vif du sujet.

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C’est parti !

Approche n° 1, froide et méthodique : l’analyse objective

C’est l’approche la moins sollicitée par les réponses que j’ai obtenues de la part de mon panel interviewé. Néanmoins, l’argument de l’objectivité, ou du moins du recul objectif, est quelque chose qui revient régulièrement. Il est assez aisé de comprendre ce point de vue. Comme nous en avions parlé dans l’édito précédent sur les comédies, on peut facilement déterminer quel scénario est plus fouillé et travaillé qu’un autre. On peut également, visuellement, distinguer les séries qui sont bien dessinées et animées, ont un chara-design attirant et des arrières-plans soignés, de celles qui sont davantage bâclées, la faute à des productions bien plus chaotiques pour X ou Y raison.

La solution serait donc plutôt simple. Le 10 est la note parfaite, il symbolise l’œuvre ultime, parfaite. Celle à qui l’on peut attribuer un 10/10 sans trembler réunit, objectivement, une qualité au minimum très bonne dans quasiment tous les domaines. Scénario, évidemment, mais aussi la bande son, qui importe à beaucoup, des personnages bien écrits, etc. Toute cette somme de critères qui côtoient les sommets n’est destinée qu’à un 10.

À l’inverse, si un voire plusieurs points sont trop faibles, que ce soit techniquement, narrativement, ou que sais-je, alors le titre ne peut prétendre à la note maximale. Il ne nous viendrait pas à l’esprit d’attribuer une note trop haute à une série manquant d’ambition, dont les qualités techniques seraient trop faibles pour épauler le scénario, ou bien encore dont le scénario serait trop flou, incomplet, peu travaillé malgré des visuels ou une bande son d’une qualité indéniable.

Pourquoi pas, après tout ? Mais il manque quelque chose.

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Approche n° 2, chaleureuse et passionnée : le coup de cœur

Voilà une approche qui est déjà revenue plus souvent que la précédente. Pour cette fois, plusieurs avis s’accordent à dire que la note n’est qu’un reflet subjectif de la perception d’une série ou d’un film. Ici, chacun aura sa propre appréciation, et on dépasse souvent le cadre technique ou narratif. L’approche se mesure plutôt à l’émotion et au ressenti. Le but est avant tout de mettre en avant le fait qu’on a passé un bon moment, ou non.

Point de perfection, donc, pour ces personnes qui se fient plus à la qualité du moment qu’ils ont passé. Une valeur intéressante, puisqu’on aura facilement envie de revenir vers une œuvre qui nous aura plu, quelles qu’en soient les qualités. Là où, à l’inverse, on se tiendra éloigné de ce qui nous aurait fait passer un moment déplaisant, ou au moins peu satisfaisant. Cela permet de cibler les goûts d’une personne, de voir ce qu’elle apprécie. C’est un assez bon reflet de sa personnalité et de ce qu’elle peut attendre d’un visionnage.

Les attentes, justement, ont été mises en avant dans ces réponses. Les attentes diffèrent selon les séries, les exigences ne sont pas les mêmes. Il s’agit donc d’un critère assez important pouvant provoquer des réactions profondément différentes d’une personne à l’autre, malgré des goûts et sensibilités proches. Ce que l’on attend d’un animé et, en retour, ce qu’il sait nous offrir, détermine véritablement la qualité du moment passé, et donc la hauteur de la note.

Là encore, l’approche est intéressante, mais semble incomplète. Et si…

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Approche n° 3, entre objectivité et subjectivité : le mélange des genres

Et si, finalement, la double approche n’était pas la meilleure ? Et si un 10/10 n’était, au bout du compte, que le résultat d’une somme de critères objectifs atteignant un seuil objectivement « bon », au minimum, et dont les différents attraits et atouts sauraient gommer les quelques défauts que l’œuvre pourrait avoir ? On aurait ainsi un titre dont les qualités seraient certaines, tout en valorisant la qualité du moment passé devant. Sans grande surprise, il s’agit de l’approche la plus sollicitée.

Beaucoup mettent ainsi en avant la qualité de l’histoire, du scénario, qui est une valeur importante. Mais, comme on l’a vu avec l’approche n° 2, ils remettent souvent cela en perspective, en différenciant leurs attentes selon les genres, selon les titres. Ainsi, en combinant les deux approches, ils sont certains d’en tirer le meilleur pour attribuer la note maximale, ou pas. Il en va de même pour de nombreux critères, dont la musique qui revient régulièrement comme un point important, pour ne pas dire essentiel (et on en parlera, promis).

Parmi d’autres, des points comme la narration (qui n’est pas l’histoire, mais la façon de la raconter, le rythme) ou l’animation occupent également une place importante. Ce sont également des domaines où la plupart des avis que j’ai recueillis attendent une certaine qualité. Tout en gardant le recul pour avoir des attentes différentes vis-à-vis des genres, des studios…

La palme de l’avis le plus complet tombe également en plein dans cette catégorie, distinguant bien deux approches. La première, celle des œuvres enthousiasmantes, où la réunion de plusieurs critères qui auraient suffisamment touché son auteur suffit à faire mouche, sans qu’il y ait besoin d’un scénario incroyablement travaillé ou d’un univers particulièrement riche et fouillé. On parlera ici davantage des romances ou des comédies, en favorisant l’instant et la qualité du moment, donc l’approche n° 2.

À l’inverse, il y a les œuvres impressionnantes, celles qui épatent par leurs qualités de scénario, de personnages, d’univers, etc. Des œuvres incroyables, donc, qui savent nous retourner le cerveau en présentant des trames complexes dans des univers fouillés et qui ne nous laissent d’autre choix que de leur attribuer la note maximale, tout en comptant sur la qualité d’une bande son de premier ordre, ce qui rejoint l’approche n° 1. Objectivement, on doit mettre une bonne note.

Et voilà ! On a donc fait le tour de la question en trouvant l’approche idéale : celle qui mêle à la fois l’implacable objectivité à la sensibilité de tout un chacun. En mélangeant ces deux façons d’appréhender un animé, on parvient aisément à la définition d’un 10/10 idéal et « comme il faut ». Des qualités indéniables ainsi que la capacité à toucher le spectateur.

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Pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’être gêné par certains points.

Ce dernier avis, au fond, me fait revenir à mon article précédent sur les comédies. Car, là encore, on distingue les séries époustouflantes des « autres », ces comédies ou romances qui ne sont bonnes qu’à passer, au mieux, un bon moment. Parce que le scénario est au second plan, parce que l’univers n’a rien de bien innovant ou n’offre pas autant de richesse, parce qu’au fond seuls les personnages importent vraiment. Comme s’il fallait les juger différemment selon leur genre. Alors, quoi ? On reprend tout de zéro ? Eh bien, pas besoin, finalement. Parce que cet avis nous offre également la réponse la plus adaptée dans sa conclusion.

« Au diable l’opinion des autres, si quelque chose sur cette terre est à même de nous faire pleurer comme un veau, de nous impressionner à rester cloué sur son siège, de nous faire rire aux larmes, n’est-ce pas là l’un des plus beaux présents que l’humanité peut s’offrir à elle-même ? »

Si vous vous souvenez de l’introduction de cet article et de mes nombreux 10/10, vous comprendrez sans doute, encore un peu plus avec cette citation, que je défends finalement la 2e approche. La sensibilité avant tout, peu importe l’avis des autres, peu importent les qualités et les défauts. Ce qui prime, c’est la qualité du moment que l’on a passé.

Car, après tout, ce point est aussi défendu par l’approche 3. Se cacher derrière une approche semi-objective, c’est bien beau, mais tous les avis ont, au fond, rappelé que chacun avait ses sensibilités. Et c’est là, l’essentiel. Chacun aura un bagage différent. Tant dans son vécu, par nature personnel, que dans les œuvres auxquelles il aura été confronté. Et, au-delà de ça, chacun aura des attentes différentes vis-à-vis des animés qu’il (ou elle, bien sûr) compte regarder. Car si l’approche 3 commence par des critères devant atteindre des seuils objectifs, le jugement final sera, lui, subjectif. En fonction des attentes et des points de vue, chacun sera plus ou moins charmé par les atouts de tel ou tel autre titre. Ou, à l’inverse, déçu, car cela arrive également. Mieux : les défauts des uns pourraient être les qualités des autres. Donc, si le jugement final est subjectif, pourquoi ne pas traiter tout le monde sur un pied d’égalité et laisser de côté qualités et défauts ?

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Et là, vous vous demandez sans doute pourquoi tout ce foin ? Pour en arriver où ? Parce que tout le monde a plus ou moins compris que la subjectivité jouait une part très importante dans notre évaluation des œuvres. Nous sommes tous assez bien conscients que l’objectivité n’existe pas, et que l’œuvre parfaite non plus. Alors, pourquoi ?

À cause de certains biais présents dans les discussions entre fans.

Cela paraît bien prétentieux de ma part, modeste consommateur et rédacteur qui n’émet que des avis sur Internet. Mais certaines choses me gênent vraiment et j’ai besoin d’en parler. Et tout ou presque part de cette fausse objectivité derrière laquelle on se cache.

Biais n° 1 : s’efforcer d’être le plus objectif possible

L’objectivité n’existe pas, mais on peut essayer de s’en approcher, paraît-il. Et cela peut se ressentir de plusieurs manières. Un biais bien connu de la plupart des personnes notant des animés, c’est que la note la plus basse est bien souvent… la moyenne, ou légèrement au-dessus (5 ou 6). Parce qu’on ne regarde pas ce qui ne nous intéresse pas et on ne regarde pas ce qui nous déplaît fortement. Un argument avancé dans ce sens défend la volonté de récompenser, d’une certaine façon le travail accompli. Mais à quelle hauteur doit-on se forcer à récompenser ce travail si l’on a passé un exécrable moment ?

C’est comme si le fait d’avoir rédigé une rédaction vous offrait, de facto, la moyenne. Par le simple prétexte que vous avez travaillé à rendre un devoir, même s’il est très mauvais. Mais votre professeur ne s’en soucie guère. S’il juge que votre travail est nul et mérite 0, il vous le donnera. Un bon travail se voit, mais un mauvais aussi. Mettre tout le monde au même niveau et partir sur une échelle réduite de moitié, voire plus, c’est dévaloriser et renier la qualité des moments que l’on a passés, de mon point de vue. Ce n’est pas parce que je ne reconnais pas le travail fait et que je veux piétiner les créateurs que je mets 1 ou 2. Simplement, mon avis et mon ressenti priment, donc je me dois d’être honnête avec moi-même et lui attribuer la note qui correspond le mieux au ressenti que j’ai eu. C’est dans le recul puis la discussion que j’admettrai bien volontiers que du travail a été fait, que certains points sont de bonne facture ou non, tout en persistant sur mon 1 ou 2 témoignant de ma non-appréciation.

Car, sinon, où est la distinction ? On refuse de se laisser emporter par l’émotion et la subjectivité dans certains cas, mais pas dans d’autres ? Où est la cohérence dans la notation à ce moment-là ? Est-ce qu’un animé à qui l’on donne la moyenne a été… moyennement apprécié ? Ou faut-il le voir comme un animé détesté, mais, comme il a le mérite d’avoir été fait, il est détesté à la moyenne ? Quel est donc l’intérêt d’avoir une échelle de 10 points si on la réduit à seulement 5 points et pourquoi ne pas profiter de toute l’amplitude possible pour mieux distinguer les bons et les mauvais moments que l’on a passés ?

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Biais n° 2 : juger les œuvres différemment selon leur genre

Un autre point, c’est la différence de traitement entre les genres. Comme on l’a vu plus haut, une distinction se fait entre les animés qui fonctionnent davantage sur l’instant et l’émotion, et ceux qui seraient « objectivement bons ». Mais, là encore, ne serait-ce pas faire preuve d’un certain mépris ? Mépris de la qualité du moment passé devant ceux qui sont « objectivement bons » et dont les qualités seules suffisent à lui offrir la note maximale, qu’importe que l’on se soit un peu ennuyé par moments ? Mépris des qualités des séries devant lesquelles on a passé un (très) bon moment, mais oh, ce ne sont que des petites séries sans ambition, alors doucement, on va pas commencer à parler de chef-d’œuvre en comparaison de l’autre catégorie. Et cela rejoint un peu le point précédemment énoncé. Se priver d’une partie de l’échelle, par égard pour la création elle-même (ce qui est louable, je ne le nie pas) est aussi une façon de nier ce que l’on a ressenti pendant le visionnage (l’ennui, la lassitude, l’envie de faire autre chose…).

Oui, je préfère la notation à l’émotion et au ressenti. Car, bien au-delà de considérations objectives et de critères précis, elle détermine véritablement à quel point on a pu prendre plaisir (ou non) à regarder tel ou tel animé. Noter autrement reviendrait presque à se forcer à attribuer de bonnes notes à des séries que l’on n’a pas forcément tant appréciées, mais auxquelles on reconnaît de nombreuses qualités. Ou, à l’inverse, à ne pas aller trop haut pour une série que l’on a beaucoup appréciée, mais à laquelle on prête trop de défauts et sur lesquels on s’attarde. Ce qui, en soi, est étrange, puisque la plupart du temps, les avis que j’ai recueillis évoquent la nécessité que leurs 10/10 les aient touchés. Preuve s’il en est que l’émotion occupe une part importante dans la note ultime.

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Biais n° 3 : tel animé « mérite » telle note

Voici l’un des pires points provoqués par cette fausse objectivité. Celui selon laquelle notre avis vaut plus que les autres. Parce qu’après tout, nous avons objectivement le recul suffisant pour déterminer que telle ou telle autre série ne mérite « que » 4/10, car bien trop remplie de défauts. Objectivité qui devrait faire l’unanimité, or… ce n’est bien évidemment pas le cas. Car cette objectivité passe par notre prisme. Le prisme de nos expériences, de nos goûts, de notre vécu, bref : par notre subjectivité. C’est de notre avis, de nos ressentis, et de nos attentes que naît « l’objectivité » selon laquelle telle ou telle œuvre mérite plus ou moins sa note. Et chacun réagira différemment à un scénario ou à des personnages, aussi bons ou mauvais soient-ils. Les qualités et défauts existent, mais chacun y réagira différemment.

C’est donc un biais extrêmement grossier, puisque c’est bien sûr estimer que son avis prévaut sur celui des autres, que sa vision est la plus adaptée pour approcher l’œuvre. Alors qu’il y a autant d’approches qu’il y a de sensibilités différentes, et que chacun vit une expérience unique face à une œuvre. Certains pleurent devant Lucy de Luc Besson parce que c’est le cinéma qui leur parle, là où d’autres préfèrent en rire comme devant un bon nanar, ou d’autres encore se consternent devant tant de naïveté et de simplicité. L’universalité face à l’art n’existe pas, et un animé, un film, une peinture ne « mérite » aucune note plus qu’une autre. C’est pour ça, me semble-t-il, qu’une notation au ressenti doit être privilégiée, témoignant plutôt de l’expérience vécue que de la qualité intrinsèque de l’œuvre.

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Biais n° 4 : faire des raccourcis

Et le dernier point, emboîtant le pas au précédent, est la suite de la supériorité d’un point de vue. Car, bien souvent, au-delà de la note elle-même, ce n’est pas tant l’animé, mais celui qui note qui sera jugé. Pour prouver la supériorité de ses goûts, et pourquoi untel a raison de dire que « tel animé mérite telle note », cette personne arguera que, de toute façon, « tu as mis tant à tel autre animé ». Sous-entendu : ton avis ne vaut rien.

Alors, oui, nous n’avons pas tous les mêmes bagages culturels et techniques pour appréhender les œuvres auxquelles nous sommes confrontés. Pour autant, chaque avis vaut autant d’être respecté qu’un autre, et ce n’est pas notre notation qui devrait déterminer qui a le droit de s’exprimer ou non. Nous sommes trop souvent bien prompts à juger quelqu’un qui sera fan de Fairy Tail ou de High School DxD pour ne citer qu’eux, ne daignant pas prendre en compte sérieusement leurs avis. À l’inverse, les « gens de goût » mettront des bonnes notes à Ghost in the Shell, Cowboy Bebop ou Monster.

Il y a un élitisme de l’avis, de qui a gagné le droit de parler par ses notes. Il serait pourtant, à mon sens, bien plus intéressant de laisser ces notes de côté. Comme cité plus haut, peu importe l’opinion des gens, l’essentiel est de prendre du bon temps. La note reste un repère auquel nous accordons souvent une importance bien trop grande, hiérarchisant les fans entre les bons et les mauvais, entre les avis qui méritent d’être écoutés parce qu’ils notent bien les « bons animés » et ceux qui ne peuvent qu’être ignorés parce qu’ils notent bien des « animés nuls ». Mais on perd de vue ce qui fait l’essence de l’art : la discussion.

Et c’est quelque chose que les avis que j’ai recueillis ont eu tendance à souligner, allant dans le sens de la façon dont je conçois une note. Bien que certains aient une façon d’appréhender la note que je trouve légèrement biaisée, il n’en reste pas moins une grande part de subjectivité (dont, pour certains, une subjectivité totale et assumée). Mais aussi et surtout, le fait que la note ne soit pas figée dans le marbre, mais capable d’évoluer. Au fil de revisionnages, pour mieux apprécier certaines références, pour trouver des détails que l’on n’avait pas vus, ou tout simplement parce que l’on n’avait pas la maturité suffisante pour appréhender un propos. Ainsi, les discussions entre fans, pour échanger sur des points de vue, parfois divergents, peuvent mener à reconsidérer nos positions. L’échange construit est là où se développent véritablement les avis et où il est plus facile de les comprendre. La note, elle, n’est qu’un repère subjectif pour déterminer si l’on a aimé ou pas. Il faut passer outre ce rempart, discuter et comprendre.

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À titre d’exemple, j’évoquerai rapidement le cas de Zombie Land Saga. Après l’avoir vu, j’en ai discuté avec un collègue, qui m’a détaillé son avis sur la série. Son sens aiguisé de la présentation met en avant quelques points forts et faibles de la série, avant un avis plus détaillé. En partie à sa surprise, j’étais d’accord avec pratiquement tous les points positifs et négatifs qu’il avait exprimés. En partie à sa surprise, car, là où il se « contentait » d’un 8/10, j’avais, pour ma part, attribué un 10, soit la note maximale. Parce que oui, pour tous les bons moments que cette série m’a offerts, du rire aux larmes, j’ai eu envie de mettre 10. Oui, j’ai adoré. Mon collègue n’a pas le plaisir d’en dire autant. Ce n’est pas pour autant que je suis incapable de voir les mêmes qualités et défauts que lui.

Et cela me permet d’introduire brièvement le sujet des recommandations. Sans discussions, sans échanges, comment recommander pertinemment à quelqu’un des séries susceptibles de l’intéresser ? Ça ne sert à rien de forcer en imposant des titres à voir (tout comme à s’imposer de voir des choses), parce qu’il « faut les avoir vus ». Oui, il y a des séries appréciées plus largement que d’autres, mais elles ne le seront jamais de façon totalement unanime. De ce fait, elles ne conviennent pas à tout le monde. Aussi, la note subjective, vis-à-vis du moment passé, permet probablement de mieux rendre compte des goûts et appréhensions de chacun, pour déjà cerner leurs goûts. Et la discussion qui en découle permet de mieux comprendre quels points précis sont à privilégier ou à éviter.

Il me semble donc important de ne pas mépriser, mais d’écouter et comprendre. La compréhension naît de la discussion, et nul doute qu’après un échange instructif, on ne peut que voir plus clair la notation de ceux qui nous entourent, que l’on partage cet avis ou non. Les désaccords sont même normaux, c’est tout à fait compréhensible de ne pas partager le même avis. Encore une fois, parce que chacun aura une façon différente d’appréhender une œuvre. Et un coup de cœur, comme une énorme déception, ça ne se discute pas, quels que soient les qualités et défauts de l’œuvre en question. Ce qui est important, à mes yeux, c’est davantage de savoir prendre du recul sur son propre avis et son propre ressenti, pour reconnaître des défauts et des qualités à l’œuvre, sans que cela ne soit un frein à la note.

Je reconnais que cette conclusion peut paraître ambiguë et faire écho à l’analyse n° 3, mais ce n’est pas le cas. Encore une fois, de mon avis, un 10/10 doit davantage exprimer l’attrait exceptionnel que l’on peut avoir pour une œuvre qui aura su nous toucher, de quelque façon que ce soit. Quand je mets un 10/10, je veux avant tout pouvoir me dire : « Oui, j’ai kiffé, c’était génial / grandiose, j’aime ça » quelle qu’en soit la raison, aussi absurde soit-elle, au point que j’en redemande. C’est aussi ce sentiment de vide que j’ai ressenti après être arrivé au bout d’Initial D, ou de GE – Good Ending, en me disant que le voyage était fini, que je quittais un univers. Parce que même si j’ai pesté contre ces deux-là sur certains points, même si des choses m’ont dérangé, eh bien oui, j’ai kiffé, et oui, j’étais triste que ça se termine. Ce n’est pas pour autant que ça m’empêche de discerner des qualités et des défauts à ces œuvres. Le but n’est pas de dire qu’elles sont parfaites.

Simplement, elles auront été suffisamment bonnes pour, l’espace d’un instant, me faire oublier tout ça, et juste passer un bon moment.

Je terminerai donc cet article (bien trop long) par une dernière citation, en vous remerciant d’avoir bien voulu lire cet avis jusqu’ici. J’espère, humblement, qu’il sera compris et aura atteint son but, à savoir vous amener à réfléchir sur la façon d’appréhender la note, sans que cela ne me fasse passer pour un donneur de leçons. Et encore un très grand merci à ceux qui ont joué le jeu en répondant à mes deux petites questions et dont les réponses m’ont permis de rédiger cet article.

« Tout l’intérêt n’est pas d’imposer sa vision de la chose, mais plutôt d’être capable d’apprécier suffisamment une œuvre pour lui attribuer la note maximale. Qu’importe si l’avis général n’est pas bon, […] ce qui compte et comptera toujours, c’est ce que l’on ressent soi-même. »

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2 commentaires

  1. Bonsoir, j’ai lu cet article un peu par hasard et je viens apporter mon petit avis sur la question. Car après tout, comme tu l’as toi-même dit (je me permets de te tutoyer), la discussion, c’est le plus important.
    Je commenterai donc l’article partie par partie, et j’essayerai d’être le plus clair possible.

    Premièrement, les différentes notations. Bon je n’ai pas appris grand chose, à vrai dire ça me semble assez évident que tout le monde ne note pas selon les mêmes critères. Je connais des personnes notant uniquement à l’appréciation de la série, beaucoup de personnes notant à moitié de manière objective, à moitié de manière subjective, et personne ne notant « qu’objectivement ». Cependant, malgré l’évidence de cette première partie, je pense qu’il est pertinent de le rappeler ici (pour clarifier la suite du propos notamment), et je suis entièrement d’accord avec cette analyse, je valide donc. (je fais personnellement partie du 3eme groupe).

    Secondement, passons aux biais.

    Premier biais : entièrement d’accord. Je comprends pourquoi certaines personnes ne notent pas sur toute la plage de note disponible (par excès de gentillesse pour certains, ne notant qu’entre 5 et 10, avec une moyenne de 8,5/10, d’autre qui ne mettent aucun 1/10 car « aucune oeuvre n’a rien de bon » et jamais de 10/10 car « aucune oeuvre n’a rien de parfait », je comprends ce point de vue, bien que je n’y adhère pas, pour toutes les raisons évoquées dans l’article)

    Second biais : je ne suis pas en accord avec toi sur ce point. Une oeuvre sans ambition a de forte chance d’être moins bonne « objectivement » (par objectivement j’entends dans ses qualités que l’ont peut juger de manière plus ou moins universelle, telles que la qualité des doublages, de l’animation, etc). Ici nous sommes surtout en désaccord puisque nous ne notons pas de la même manière, et comme je comprends la 2nde notation (bien que je n’y adhère pas, mais les gens sont libres de noter selon la notation qu’ils veulent), même si je ne mettrai probablement jamais 10/10 à un CQDCT tel que K-On, je comprends que l’on puisse le faire. Donc il n’y pas vraiment de débat ici, puisque nous sommes sur un désaccord relevant d’un choix purement subjectif sur le coup (à savoir le choix fait dans notre manière de noter) et de toute manière je pense que tu as également compris ma position, donc je ne vais pas la développer plus que ça.

    3eme biais : encore une fois, je ne suis pas en accord. Bien que je comprenne ta position encore une fois, je vais cette fois ci développer mon avis.
    Tout d’abord, je ne pense pas qu’un anime puisse « mériter objectivement une note », justement car je note également en partie au ressentit. C’est notamment pour cela que je ne conseille jamais mes 10/10, car je juge que ceux sont des œuvres qui m’ont marqué moi personnellement, et qu’elles ne marqueront surement pas les autres de la même manière. Cependant, comme tu l’as dit toi même, on peut juger objectivement de certaines qualités d’une oeuvre. C’est pour ça que je mésinterprète peut-être ce que tu veux dire par « Car cette objectivité passe par notre prisme. Le prisme de nos expériences, de nos goûts, de notre vécu, bref : par notre subjectivité. », que je comprends comme « notre objectivité est subjective, donc l’objectivité quand on parle d’art n’existe pas. Ainsi, tout avis se vaut ». Voila ce qui me gêne vraiment, le « tout avis de vaut ». La dessus je ne suis pas d’accord, et je vais développer deux points pour que tu comprennes mon avis.
    1) Tous les avis ne se valent pas. Je pense m’y connaitre un minimum en anime, mais voyons … oui la culture par exemple. En culture, je ne m’y connais absolument pas. A part dire « ça j’aime, ça j’aime pas », je ne pourrai pas dire grand chose de plus. Or, penses tu que l’avis d’un néophyte, voir d’un ignare comme le mien soit égal à celui d’un critique professionnel de sculpture, pouvant reconnaître des procéder de sculptage, et analyser une oeuvre comme je ne pourrai le faire ? Moi je ne pense pas, mais surtout de cette vision relativiste découle une chose qui est pour moi négative :
    2) On encourage ainsi les œuvres à être populaires, et non à être de qualité. Autrement dit, on encourage la médiocrité des œuvres, car ce qui est le plus populaire doit rester accessible aux néophytes (ne pouvant donc pas être trop ambiguë et flou comme Serial Experiments Lain par exemple, ou avec trop d’éléments cachés qu’il faut analyser, dans un éventuel re-visionnage comme Mawaru Penguindrum). A l’inverse des œuvres simples, et pas forcément très recherchés comme Dragon Ball convienne parfaitement. Et il faut des oeuvres comme celle ci, pour les néophytes justement. Or en encourageant la création d’oeuvre pour les néophytes, et exclusivement des oeuvres « facile à comprendre », on dévalorise les œuvres comme Mawaru Penguindrum, ou Lain, plus difficile à comprendre entièrement, meilleur objectivement. Et c’est pour cela que, selon moi, une approche entièrement relativiste est à proscrire. Certains savent mieux que d’autre, c’est triste, mais c’est surtout réaliste, et je n’aurais pas l’impertinence de juger mon avis sur une sculpture comme étant l’égal de celui d’un critique professionnel.
    Cependant, je crois en le relativisme des goûts. Je n’ai personnellement pas aimé High school DxD, mais si une personne a apprécié, tant mieux pour lui. Je suis content qu’il ait passé un bon moment.
    Toi qui ne note qu’a la notation, et bien je n’ai aucun problème au fait que tu aies 10/10 à High School DxD par exemple (je ne sais pas si c’est le cas, disons que ça l’est), maintenant si tu me dis que c’est objectivement meilleur que des œuvres comme Ping Pong the animation par exemple, et bien l’a j’émettrai de gros doutes. Pire, si tu me dis que « les 2 œuvres se valent car on apprécie comme on veut », je te dirai que tu confonds l’appréciation de l’oeuvre et le jugement que l’on peut avoir à l’égard de cette dernière.
    Et honnêtement, savoir qu’un tel a aimé telle oeuvre et n’a pas aimé telle oeuvre n’est pertinent que quand on s’intéresse à la personne en question. En bref, son avis ne sert qu’a la mettre en valeur. Il est inutile quand on veut parler de l’oeuvre précise en question.
    Je ne sais pas si j’ai été très clair sur ce point, n’hésites pas à me poser des questions si tu en as, je continuerai volontiers la discussion.

    4eme biais : Comme celui ci découle du biais précédent, si nous sommes en désaccord sur ce dernier je me doute que nous serons également en désaccord sur celui-ci. Je ne parlerai cependant que des raccourcis, qui sont selon moi légitime et pertinent. Si une personne te dit 100 informations, que tu vérifies les 99 premières, et qu’elles sont toutes fausses, tu vas, par induction, penser que la dernière est fausse aussi. Le même raisonnement s’applique pour moi ici : si je juge qu’une personne ne sait pas juger une certaine oeuvre objectivement, j’aurai évidemment moins confiance en son jugement à l’avenir. Toutefois, si elle ne fait que dire « j’ai mis 10/10 car j’ai passé un bon moment » alors si c’est une oeuvre que je n’ai pas aimé, je ne ferai que me dire « je n’ai pas des goûts similaires à cette personne », sans juger spécialement son avis, qui est ici purement subjectif, donc non jugeable (contrairement aux jugements objectifs que l’on peut faire en analysant une oeuvre, qui sont eux jugeables).

    En ce qui concerne le tout dernier point de ton article : je suis également d’accord, il faut rester ouvert à la discussion. Tout comme sur les différents sujets de société, je me contente d’abord d’écouter plusieurs avis, différents évidemment, avant de trancher (entre mes préjugés et les différents avis entendus, ici le préjugé c’est la manière dont j’ai jugé l’oeuvre X, les avis entendus sont ceux de tiers sur cette même oeuvre X), jamais définitivement (je suis peut-être passé à côté de quelque chose, tout comme toutes les personnes que j’ai entendu sur ce sujet). Pour rependre le cas de DxD ; je pense avoir assez d’élément pour clamer que je n’ai pas aimé cette oeuvre (que ce soit à cause de l’impact sociale produit par l’oeuvre, ou à cause de l’oeuvre en elle-même).
    Enfin, et je terminerai la dessus, ce n’est pas parce que je reste ouvert à la discussion que je changerai nécessairement d’avis après avoir discuté, et je n’attend pas ça non plus de mon interlocuteur. Simplement j’espère que si la vision des choses que je lui apporte est une vision qu’il n’avait jamais entendu, alors j’espère que sa position aura, un tant soit peu, évoluée.

    Merci d’avoir lu ce message, si tu as des questions à me poser (si je n’ai pas était assez clair, notamment sur le 3eme biais par exemple ?) ou si tu as des choses à répondre / à ajouter, ne te prive pas.
    Bonne journée !

    Aimé par 1 personne

    1. Le tutoiement est le bienvenu, pas de souci 🙂 Je vais tâcher de faire honneur à ton commentaire, ce qui va me permettre d’éclaircir quelques zones d’ombre que j’ai malheureusement dû laisser dans cet océan de texte.

      Pour revenir rapidement sur la première partie, il s’agissait avant tout d’un bref rappel. Tout le monde a une vague idée de ces visions de la note par les gens en général, mais il s’agissait aussi de mon point de départ, atteint à l’aide de petites « interviews » (2/3 questions) posées à d’aimables contributeurs. Donc, bien qu’un peu évident, il me semblait nécessaire d’en passer par là pour introduire mon approche dans les points suivants. À savoir, la vision de la note que je défends (purement subjective) et les biais que je voulais « dénoncer ». Ça fait un peu gros mot donc je le mets entre guillemets, loin de moi l’idée d’être un justicier d’internet ou quoi que ce soit.

      Revenons-en donc aux biais que j’évoque et sur lesquels tu n’es pas d’accord. Je ne passerai pas sur ton avis du deuxième biais, puisque nous nous sommes effectivement compris, et je vois ce que tu veux dire. Ce n’était pas tout à fait ce que je voulais exprimer, mais je pense qu’on a saisi l’essentiel.

      Pour ce qui est des 3e et 4e biais, je pense, à mon grand regret, m’être mal fait comprendre et n’avoir pas été assez clair dans mes propos. Aussi, je me permets de développer un peu plus en réponse à ton très bon commentaire.

      Je pense que tout avis se vaut, si. Mais comme j’essayais de le rappeler, cela va avec chaque « background » de spectateur. Et c’est cela qu’il est important de remettre en contexte lorsque je dis que chaque avis se vaut. Il est important de respecter, selon moi, chaque avis distinctement. Mais de les prendre pour ce qu’ils sont, d’admettre qu’ils sont sujets à évolution si le spectateur y revient quelques années plus tard, après avoir vu de nombreuses autres œuvres. Parce que ses goûts auront changé, parce que ses attentes aussi. Et forcément, quelqu’un avec de l’expérience sera plus apte à déceler certaines qualités ou certains défauts qui n’arrêtent pas des spectateurs plus novices, dirons-nous. Ça, c’est pour le premier point.

      Le second, j’essaie de le mettre en perspective plus bas, au niveau de mon énorme conclusion. C’est qu’il faut être capable de prendre du recul et d’accepter les critiques positives et négatives d’autres personnes. D’où l’intérêt de la discussion. N’apposer que son avis ou sa vision sur une œuvre est fatalement biaisé par essence, de mon point de vue, mais l’éclairage de points de vue extérieur peut nous faire relativiser notre adoration ou notre détestation. En cela, j’encourage chacun à essayer de défendre ses avis et ses goûts, mais avant tout à le faire avec pertinence. Comme j’essayais, maladroitement peut-être, de le véhiculer, j’aimerais avant tout que les gens ne s’arrêtent pas sur leur vision du monde et se confrontent – cordialement – à d’autres. Et en cela, je ne demande pas à ce que ce que les gens aimeront massivement devienne la norme (et qu’on ait des œuvres uniquement populaires et faites pour marcher, bien que ce ne soit pas que mauvais). Ce que je cherche, c’est que chacun à son niveau essaie de comprendre ce qui lui a plu, même sans s’y connaître, et de tenter de mettre des mots dessus, idem avec ce qui leur a déplu. C’est comme ça que chacun affinera ses goûts et trouvera ce qui est le plus apte à lui plaire. Mon point de vue se concentrait davantage sur l’expérience du spectateur que sur la volonté de faire plier une industrie vers des œuvres plus grand public, accessibles et populaires, loin s’en faut. Au contraire, je suis totalement pour avoir des œuvres OVNI que je consomme moi-même beaucoup (grand fan de Lain et de MawaPen pour reprendre tes exemples). Ça fait écho à ce que je dis sur mon paragraphe sur Zombieland Saga. Ma grande adoration pour la série et le moment que j’ai passé m’ont poussé à lui mettre 10, mais avec le recul, je ne pense pas la série parfaite et je partage l’avis de mon collègue sur plusieurs défauts de cette série, contrairement à ce que suppose ton point 2. Bien sûr, ça correspond à ce que je veux voir, mais mon but n’est pas de ne voir que ça. Maintenant, bien sûr que tout le monde n’a pas mon expérience (j’ai vu pas mal d’animés et lu pas mal de manga, sachant qu’en plus j’ai une formation audiovisuelle), et que certains auront peut-être du mal, mais c’est là que je reviens avec ma conclusion sur la nécessité de discuter et de mettre de l’eau dans son vin en se controntant à d’autres. Encore une fois, je doute d’être très clair, mais j’espère m’être un peu mieux fait comprendre vis-à-vis de pourquoi j’avais exprimé ce point.

      Enfin, je conçois également que changer d’avis après une discussion n’est pas le but que je souhaite à chacun. Bien évidemment, cela sera aussi rarement mon cas. Je souhaite simplement que la confrontation des avis puisse permettre déjà aux gens de mieux cerner leurs goûts, mais aussi d’éventuellement mettre un peu d’eau dans son vin et de relativiser certaines choses. On respecte les goûts, et les notes, mais il faut aussi savoir prendre du recul. Comme expliqué, j’ai du mal avec ce concept d’objectivité dans l’appréciation de l’art, car, à mon sens, trop de paramètres entre en jeux dans la composition (notamment d’un animé) et chacun se confrontera différemment aux expériences des différents spectateurs. Mais remettre en cause la qualité d’un scénario ou autre est me semble tout à fait envisageable quand certains points peuvent être considérés comme des défauts ou d’autres comme des qualités. Et même la série que j’aime le plus au monde (Avatar – Le dernier maître de l’air) n’échappe pas à cette règle, malgré toutes les qualités que je lui trouve haha.

      Les commentaires vont bientôt être plus longs que l’article lui-même, ce qui ne serait pas une mince affaire.
      Merci pour ton commentaire en tout cas, et bonne journée à toi aussi 🙂

      Aimé par 1 personne

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