Un lorrain au Japon : Drôle d’endroit pour une rencontre

Après avoir vécu pendant six mois au Japon, me voilà de retour dans ma chère France. Quand j’y pense, ce séjour de six mois là-bas m’aura paru à la fois si long et tellement court. Si je me suis rendu à Kyoto, c’était avant tout dans l’idée de chercher des documents pouvant m’être utile pour mon mémoire de recherche sur le transport ferroviaire. Un intérêt qui m’aura d’ailleurs valu de me faire appeler « densha otaku » (obsédé de train) par mes amis. Mais finalement, ce que je retire de ce semestre, ce n’est pas une montagne de documents à traduire (même si c’est aussi le cas), mais surtout des liens que j’ai tissés avec des gens de tous les horizons et de toutes les nationalités. Des gens avec qui j’ai passé énormément de temps et avec qui je me suis énormément amusé aussi. Alors, pour clore cette parenthèse nippone, j’avais envie de revenir un peu sur notre vie ensemble et toutes ces fois où nous avons bien ri.

Lorsque vous vivez ensemble dans la même résidence pendant six mois, il y a bien des occasions de s’occuper. Généralement, c’était lorsqu’on se retrouvait le soir dans la cuisine commune qu’on discutait de tout et de rien, et en particulier linguistique, puisque c’était le but premier de notre présence là-bas. Mais évidemment, on aimait aussi passer nos nerfs sur des jeu vidéos comme Smash Bros Brawl. Après des centaines de matches, on trouvait toujours de quoi renouveler l’intérêt, que ce soit à travers des contraintes stupides ou en admirant la maladresse de l’un de nous qui se retrouve à chuter plusieurs fois de suite par accident. Cependant, si je devais vous donner un conseil, c’est d’éviter les personnages issus de The Legend of Zelda comme Toon Link ou Zelda, ils ont vite mauvaise réputation !

Même à l’université, les occasions de rire étaient nombreuses. Rien que le festival de Dôshisha était un bon témoin de la folie douce qui habite les japonais. A côté des traditionnelles maison hantée et café de soubrettes, on trouvait par exemple le café des travestis dont le nom ne fait qu’effleurer l’absurdité qui y règne. Mais même pendant les cours, il était possible de bien rire aussi. J’attendais notamment chaque semaine ce cours où la professeur avait la manie de digresser sans cesse, racontant toutes sortes d’anecdotes sur sa vie ou la vie à Kyôto. C’est notamment pendant ce cours qu’on nous a distribué un polycopié figurant quelques exemples de style d’écriture, allant de Natsume Sôseki à Akira Toriyama. Enfin, l’année s’est même terminée sur un bingo où les premiers gagnaient des Pocky (équivalent japonais des Mikado) alors que les derniers empochaient des snacks goût wasabi.

Si nos journées étaient bien remplies par nos cours à l’université, elles semblaient bien vides dès lors qu’on entrait dans la période des vacances. Heureusement, les idées de soirées ne manquaient pas, et la résidence en a vu passer plus d’une. Avant toute chose, je vous conseille vivement d’éviter les drinking games si vous n’êtes pas habitués à boire avec les personnes avec qui vous jouez. Vous risquez de finir étalé sur les chaises de la cuisine à tout juste 22h un soir de réveillon. En revanche, modifiez légèrement un Jenga pour en faire un jeu d’alcool et vous êtes sûr de passer une folle soirée, vous retrouvant à aller toquer chez quelqu’un à 1h du matin ou à imiter des cris d’animaux, tout en espérant ne pas faire s’écrouler la tour sous peine de devoir finir votre verre.

Mais quand on habite une grande ville comme Kyôto, on n’allait bien entendu pas se cantonner à passer nos soirées à la résidence. Il suffit de faire un petit tour du côté du centre-ville et nous voilà dans les fameuses salles d’arcade. Entre les courses sur Mario Kart, le air-hockey ou les traditionnels tape-taupes, fléchettes et bowling, il y a de quoi faire. Mais pourquoi faire dans le conventionnel quand on peut s’installer dans une simulation de conducteur de train ?! Ceci dit, même le « densha otaku » que je suis s’est ennuyé ferme dès les 30 premières secondes, donc ne vous essayez à cette borne que si vous êtes un vrai passionné.

Toujours dans le centre-ville, il est impossible de parler divertissement japonais sans faire mention du karaoké. C’est devenu un moyen de s’amuser de plus en plus populaire en France dans les conventions liées à la culture japonaise, mais ça reste finalement assez peu répandu en dehors de ces cercles de fans. Ainsi, si vous avez l’intention de crier de toute votre âme sur de la j-pop ou du j-rock, vous ne serez pas trop dépaysés puisque c’est principalement de ça que se composent les catalogues des karaokés. On trouve assez peu de chansons en langue étrangère, beaucoup en anglais, mais vous aurez assez de vos deux mains pour compter le nombre de chansons françaises disponibles. Entre deux chansons étrangères où vous pourrez avoir la surprise de découvrir les talents de cantatrice de certains de vos amis, je vous conseille d’opter pour « Le poinçonneur des lilas » de Gainsbourg dont le refrain « Des petits trous » plaira assurément à vos auditeurs.

Enfin, impossible de terminer ce tour d’horizon sans mentionner les izakayas, ces bars où vous pouvez boire à volonté tout en commandant quelques plats à manger. Il est facile de réserver une salle pour une, voire plusieurs dizaines de personnes, et vous pourrez discuter et plaisanter jusqu’à 3h du matin. Dans ces moments là, j’aime beaucoup boire suffisamment pour être légèrement saoul, mais rester assez lucide pour pouvoir admirer les errements de mes camarades de beuverie sur le chemin du retour. Rentrer en petit comité tout en essayant de gérer ce groupe d’alcoolos, en perdre la moitié et revenir sur nos pas pour les retrouver, c’est clairement une des choses qui m’a le plus amusé. Et c’est surtout lors de ces occasions que vos amis de plus en plus saouls peuvent lancer des répliques aussi inattendue que : « Mais pourquoi est-ce que ton visage ressemble à un poisson ? ».

Dans les années à venir, quand je repenserai à ce séjour au Japon, c’est sans aucun doute ce genre de moments que je retiendrai, ainsi que les personnes avec qui je les ai partagés. Je n’ai pas encore dans l’intention de retourner sur l’archipel, mais j’espère vraiment qu’on aura l’occasion de tous se recroiser un jour. En attendant, c’est le retour à une vie remplie de baguette et de fromage qui m’attend.

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