Un lorrain au Japon : France boutique

Fraichement débarqué au Japon, on ne peut pas dire que le premier jour s’était terminé de la meilleure des façons pour moi, notamment à cause de ma négligence et de la fatigue qui avait bien entamé ma capacité de réflexion. Mais n’allez pas croire que cette mésaventure m’avait découragé, puisque dès le lendemain je suis reparti à la découverte de mon quartier, dans l’espoir d’y trouver un supermarché qui serait un peu plus fourni que le conbini du coin.

Ma première vraie journée au Japon allait débuter par une brève orientation sur les bonnes pratiques à adopter dans la résidence. Car s’il y a bien une chose que j’ai constaté dès les premiers jours ici, c’est que les japonais adorent les réunions d’informations, les procédures et la paperasse (j’ai dû en avoir un bon kilo en à peine une semaine). Toujours est il que cette petite réunion m’a permis de découvrir le visage des autres résidents et de faire connaissance. Et en termes de diversité, on peut difficilement faire mieux ! Pour vous donner un bref aperçu, il y a de l’anglais, de l’américain, de l’australien, de l’allemand, de l’italien, du chinois, du coréen, du taïwanais, du mexicain, du kényan, de l’israélien, et j’en oublie encore… Un autre type de résident ici, moins sympathique en revanche, ce sont les araignées qui pullulent, et il n’est pas rare de se réveiller chaque jour avec une nouvelle morsure. Heureusement, hormis ce détail, la vie en communauté est plus qu’agréable et l’on organise rapidement quelques sorties afin d’occuper nos journées très vides.

Les deux premières semaines passent ainsi très rapidement, entre les virées entre amis et les réunions d’informations où le moindre détail de notre vie à l’université nous est expliqué. Les premiers jours sont d’abord consacrés aux tests de placement écrits et oraux (que j’ai remarquablement foirés), lesquels m’ont laissé un petit moment d’angoisse lorsque, au moment de passer le test écrit, mon nom n’apparait pas sur la liste. Heureusement, tout se règle rapidement et je peux passer le test sans problème. Vient par la suite une des spécificités de l’université à la japonaise, c’est l’obligation de s’inscrire dans les cours que l’on souhaite suivre. Rien d’extraordinaire en théorie, sauf qu’en pratique, vous n’avez même pas deux jours pour vous inscrire aux cours qui vous intéressent, après ce délai c’est terminé. Et même s’inscrire ne suffit pas, puisque si le nombre d’inscrits dépasse le nombre de places disponibles, vous serez simplement tirés au sort pour avoir une chance de suivre les cours qui vous intéressent… Évidemment, je n’ai pas eu les deux cours qui m’intéressaient et j’ai dû me contenter des cours généraux.

Parmi les réunions que nous avons dû suivre, l’une d’elles est particulièrement drôle quand on y repense. Imaginez un avocat, venu exprès pour vous faire tout un laïus concernant les règles à respecter lorsqu’on est à vélo et toutes les sanctions qui peuvent s’y appliquer. Dites-vous ensuite que tout ce qu’il vous a raconté, les japonais n’en ont rien à faire ! Après m’être acheté un vélo (qui était d’ailleurs fait pour moi) histoire de réduire les distances dans cette ville tentaculaire, j’ai rapidement eu l’occasion de voir tout et n’importe quoi. Les vélos roulent à gauche, à droite, au milieu de la route, sur les trottoirs, les voitures s’arrêtent sans cesse sur les pistes cyclables ou grillent carrément des stops… Il faut ajouter à ça que, Kyoto étant une ville très ancienne, la taille des rues n’est pas du tout adaptée aux voitures, et on se retrouve même avec des pylônes électriques en plein milieu de la voie.

Mais pour en revenir à ce que j’annonçais plus tôt, je me suis donc lancé à la recherche d’un « supermarché » qui offrirait un peu plus de choix dans ses produits, songeant déjà à varier mon alimentation. Parce que les conbinis ont beau être ouverts 7j/7, ils restent relativement modestes. Durant le mois qui s’est écoulé, j’ai donc essayé plusieurs commerces de proximité, mais aussi des grandes surfaces. Et j’ai pu confirmer sur place que la vie est effectivement chère au Japon. N’espérez pas manger vos « 5 fruits et légumes par jour », puisque les fruits notamment atteignent des prix exorbitants. On doit cela à la politique de protectionnisme japonais qui se refuse généralement à importer ce genre d’aliments depuis l’étranger, préférant faire fructifier la production nationale. Voilà à quoi ressemble un ticket de course moyen et si vous pourrez constater que les prix restent à peu près correct, c’est uniquement parce que je n’ai jamais fait de folie. Il n’est en effet pas rare de voir une simple barquette de raisins à 500 yens (3,77€) ou alors des pêches à plus de 1000 yens (7,54€) l’unité !

Au détour de mes courses, je n’ai pas pu m’empêcher de lorgner du côté des fromages et j’ai eu la surprise de tomber sur des apéricubes (que les japonais appellent Belcube). Je me suis donc demandé quels autres produits français je pourrais trouver au Japon. Car il faut savoir que la France a une réelle aura auprès des japonais. Nombre d’entre eux ont par exemple cette image fantasmée de Paris en tant que ville romantique par excellence, la capitale des amoureux. Et ils sont aussi très nombreux à littéralement en tomber malade lorsqu’ils arrivent sur place, tant la réalité diffère avec ce qu’ils s’étaient imaginés (voir Syndrome de Paris). Pour ma part, j’ai donc arpenté les rues de Kyoto, et j’ai pu constater que l’on trouvait notamment pas mal de boutiques aux noms à consonance française. Petit florilège de noms improbables :

 

 

A travers mes pérégrinations, et après déjà un mois passé ici, j’ai eu largement l’occasion de jouer les touristes. J’ai visité plusieurs lieux très connus et j’ai bien fait marcher l’appareil photo histoire d’immortaliser mon premier voyage à l’étranger. Mais tout cela, je vous en reparlerai une prochaine fois.

 

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