DECOUVERTE MANGA #12 – JE SUIS SHINGO.

A la mi-juin, Le Lézard noir nous offrait un des plus grands titres du maitre de l’horreur, Kazuo Umezu: Je suis Shingo. Ici, l’auteur propose un récit plutôt orienté science-fiction, qui contraste avec ses sorties françaises les plus récentes, plutôt tournées fantastique/horreur. S’inscrivant dans l’oeuvre d’un mangaka d’exception, Je suis Shingo parvient-il à mêler ambitions SF et tension horrifique?

Fiche Technique:

Auteur: Kazuo Umezu

Type: Seinen

Genre: Suspens-Horreur

Editeur VF: Le Lézard Noir

Nombre de tomes parus: 1 (10 terminé au Japon, prévu en France en 6)

Prix: 21€

Rêveur au tempérament singulier, le jeune Satoru, en dernière année d’école primaire, se distingue un peu de ses copains et suscite souvent leur moquerie. Un soir, son père, qui travaille dans une petite usine de quartier, annonce qu’un robot va intégrer l’entreprise. Obnubilé par l’idée de le rencontrer, Satoru va pouvoir réaliser son rêve à l’occasion d’une visite scolaire organisée par son école. Il fait ainsi la connaissance du robot Monroe, mais aussi de Marine, en visite avec un autre groupe scolaire. Dès le premier regard, Satoru et Marine ressentent une étrange proximité, à l’intensité inexplicable. Ils vont prendre l’habitude de se retrouver pour aller jouer avec le robot…

Oui. Bah voilà j’ai répondu. Bon je vais essayer de développer un peu… Déjà, il est important de noter que le récit s’inscrit dans un cadre réaliste, si l’on met de côté l’intelligence artificielle. Le réalisme accentue l’impact qu’a l’étrange sur le lecteur, le rend d’autant plus particulier et permet de développer une ambiance très efficacement. Mais même si l’atmosphère globale du titre reste la même que dans beaucoup d’autres travaux de l’auteur; à savoir froide, mystérieuse et sordide, notamment dans l’usine du père de Satoru; la machine tient ici un rôle très important, et pour le moment, aucun évènement à proprement parlé horrifique n’a lieu. On est plutôt, par l’intrigue, sur un récit de science-fiction, qui met en cause la place de la machine au travail dans un monde qui s’industrialise.

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En parallèle, Monroe, par ses interactions avec les deux autres protagonistes, semble progressivement développer une conscience propre. On devine que la machine dépassera son statut, puisqu’elle est narratrice du récit. Ainsi, certains passages sont racontés à travers son point de vue, ce qui la place au même niveau que le lecteur humain. On sait également que tous les évènements lui ont été racontés, qu’elle n’a pas souvenir d’y avoir assisté. Ce choix de narration développe le caractère mystérieux du manga et donne envie de poursuivre la lecture de ce page-turner.

Autre élément important de ce premier volume, le duo de protagonistes formé par Satoru et son amie Marine. Ensemble, ils sont en quelques sorte les parents de Monroe, la machine. Le jeune garçon se montre très passionné par les robots et la mécanique en général. Très vite, il se prend d’affection pour Monroe et s’efforce de développer ses capacités et son autonomie en lui inculquant de nouveaux programmes. Pour être clair, il l’éduque, l’humanise.

Mais que serait Je suis Shingo sans la patte de son auteur? C’est en effet l’atout majeur du titre. A lui seul, le dessin développe toute une ambiance, par le biais d’un trait vif, d’aplats de noir envahissants, d’un découpage quasi-claustrophobique par instants, de cadres évocateurs (les regards vecteur émotionnel tenant une place importante dans le ressenti global, sont souvent mis en avant).

Cerise sur le gâteau, le Lézard Noir offre une édition impeccable. Le livre est rempli de pages couleurs, celles-ci restant « monochromatiques ». Ainsi, si une couleur surgit tantôt pour donner une nouvelle dimension à un passage, le noir garde la place maitresse. La traduction, le lettrage sont impeccables: l’éditeur soigne cet auteur, pour notre plus grand plaisir.

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Umezu, une fois de plus, ne déçoit aucunement, et livre avec son Je suis Shingo un récit de science-fiction glaçant. Pour le moment bien moins cauchemardesque que ce à quoi nous avait habitué l’auteur avec ses précédents titres, ce premier volume annonce du très bon pour la suite, que l’on a hâte de découvrir…

 

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