DECOUVERTE MANGA #9 – FIRE FORCE, MUSHROOM, A LA FOLIE… PAS DU TOUT!.

Le retard s’accumule, et les souvenirs des lectures que je vous présente aujourd’hui sont de plus en plus vagues: il était temps que je vous écrive!

  • Fire Force:
Fiche technique:

Auteur: Atsushi Ôkubo

Type: Shonen

Genre: Fantastique-Aventure

Editeur VF: Kana

Nombre de tomes parus: 1 (8 en cours au Japon)

Prix: 6,85€ (5,45€ pour le premier volume)

L’humanité est terrifiée par le phénomène de combustion humaine. Des brigades spéciales Fire Force ont donc été mises en place avec pour mission de trouver la cause de ce mystérieux phénomène ! Le jeune Shinra, nouvelle recrue surnommée le Démon, rêve de devenir un héros. Mais le chemin sera long et il devra, avec ses camarades, apprendre à affronter quotidiennement des Torches humaines !!

Kana signe le retour de l’auteur du célèbre Soul Eater, que j’avais personnellement adoré de bout en bout, qui nous revient ici avec son nouveau titre qui n’aide pas à se rafraîchir, en période estival: Fire Force. Et en effet, un manga fantastique sur l’univers des pompiers, c’est du jamais vu! Mais une idée originale est elle toujours gage de qualité? C’est la question que l’on peut se poser à la lecture de ce premier volume de Fire Force

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Autant dire que Soul Eater avait placé la barre très haut, et que mes attentes vis-à-vis de Fire Force étaient grandes. On retrouve plusieurs qualités d’Ohkubo, à commencer par son trait, toujours aussi fouillé quand il s’agit de dépeindre l’architecture complexe et torturée d’un lieu, la folie d’un personnage. Bien sûr, tout cela se fait à bien moindre échelle que dans Soul Eater, mais reste que les initiés reconnaitront facilement la pâte du bonhomme, que ce soir au niveau des décors, mais aussi des personnages.

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J’embraye donc en vous parlant un peu d’eux. On est sur des stéréotypes assez assumés. Une rivalité « virile » entre un héros tête brulée et un petit teigneux arrogant, une religieuse timide et réservée… rien de bien nouveau sous le soleil, mais rien de réellement compromettant, étant donné qu’on sait que la marge d’évolution est grande, surtout connaissant le bonhomme derrière la plume. fireforce3Là où ça pêche, c’est au niveau des personnages féminins. Vous allez dire que je titille avec ça, mais là ça dépasse la limite du supportable. Si vous sentez que mon blabla va vous saouler, sautez le paragraphe, mais je pense vraiment que c’est un des problèmes majeur de ce premier volume. Grosso-modo, on nous en présente trois, dans ce premier volume, et toutes se retrouvent à un moment ou à un autre nue, et même attouchées pour deux d’entre elles. On évite pas la scène de douche, qui à la limite passe sans trop faire grincer des dents (on a l’habitude); mais les chutes forcées avec atterrissages tête entre les seins et main dans la culotte de la demoiselle, une fois c’est déjà pas drôle, alors trois ou quatre en 170 pages, c’est vraiment exaspérant. En fin de volume, l’une d’elle se fait d’ailleurs toucher 3 fois de suite. HAHAHA C’EST RIGOLO. En début de tome, un autre passage excessivement malaisant où on met en avant « la bonne odeur » des deux jeunes membres de la brigade n°8. « C’est donc ça, le doux parfum d’une fille qui sort de la douche… je suis tout excité mes jolies… ». C’est dégoutant, et on est page 43, ça donne le ton (et ça aide à s’attacher au héros!). Plus loin, elles deviennent en quelque sorte trophées d’une bagarre entre le « héros » et son pseudo-rival en carton. Bref, le traitement des personnages féminins est désespérant dans ce premier volume. Et pourtant, on les sens loin d’être faible, je pense bien-sûr à la pauvre Maki, qui rétame plus ou moins à mains nues les deux rivaux à la noix, mais perdue dans cette purée de scène absurdes qui l’objetisent, on peine à la sentir impressionnante. Iris, la religieuse est d’une transparence incroyable. Et la jeune Tamaki, qu’on nous présente en fin de volume aimerait bien diriger un peu les gugusses, elle est sensée être leur supérieure, j’imagine… Mais il ne faut pas y compter, c’est à peine si on l’écoute parler, et quand on daigne lui prêter de l’attention, c’est qu’on a les mains sous son maillot. HAHAHA C’EST RIGOLO. Le héros, dont le passé tragique est déjà, on le croit, plus ou moins entièrement dévoilé (Dommage? On verra, tout dépend…), a déjà son but, fixé droit devant lui: devenir un héros pour protéger les gens qu’il aime. Original, presque incroyable! Donc entre personnages mal exploités, clichés et invisibles (oui parce que les deux autres membres de la brigade se ressemblent et n’ont pas encore de reel caractère…), Fire Force ne brille clairement pas grâce à ses acteurs.

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On a aussi, dans ce premier volume, à mon sens, un gros soucis de rythme. En effet, le tome s’étale sur au minimum 2 semaines je dirai (surement plus), et… on a le sentiment que tout va trop vite, tout en s’étalant sur des choses inutiles. En quelques pages, le héros arrive pour la première fois à la brigade, et hop, une dizaine de pages plus loin, il part pour sa première mission. On ne compte pas les ellipses dans ce premier volume, et quand on voit le peu d’intérêt que l’auteur semble porter à l’introduction de son récit, on se dit qu’il aurait pu commencer l’histoire un peu plus tard, à l’aube de la première mission par exemple. Au moins, avec un tel rythme, pas le temps de s’ennuyer. Mais reste qu’on nous présente trop d’enjeux, trop de passés, trop de personnages, de lieux, d’éléments d’univers pour qu’on ait le temps de tout intégrer et de tout apprécier: le récit part en nous laissant un peu derrière. Tout est introduit trop vite, jusqu’au premier antagoniste sur lequel repose le cliffhanger final (qui du coup produit un peu l’effet d’un pétard mouillé).

Reste quelques trouvailles sympathiques au niveau de l’univers (le calendrier solaire; les pouvoirs à base de flammes, peu originaux mais qui rendent bien) ou des personnages (le sourire du héros etc) mais cela peine à relever le niveau d’un premier volume plus que bancal, à mes yeux. On part d’une idée originale, mais au final, on retrouve tous les codes du shonen nekketsuesque classique… dommage, surtout quand on connait l’auteur.

Kana offre un livre qui reste dans ses standards, prise en main facile, papier fin mais opaque, traduction plutôt dynamique… Rien à redire de ce côté.

Après un premier volume qui déçoit beaucoup, Fire Force peine à faire ses preuves. Néanmoins, le titre garde un potentiel d’évolution intéressant, certaines questions restant ouvertes (comme le fait d’ôter la vie des torches humaines: ça doit peser sur la conscience). On espère qu’après des débuts délicats, Ohkubo saura stabiliser son nouveau travail et l’exploiter pleinement. Cela reste à voir, mais en attendant, j’aurai du mal à vous le conseiller, même si vous avez aimé Soul Eater. Peut-être que je ferai le point sur la série quand la parution sera un peu plus avancée -si j’ai le courage de la continuer- dans un nouveau format.

Mushroom:

Fiche technique:

Auteur: Nokuto Koike

Type: Seinen

Genre: Suspens-Horreur

Editeur VF: Komikku

Nombre de tomes parus: 1 (4 volumes fini)

Prix: 8,50€

À la fin des années 1990, un groupe de biologistes mandatés par une entreprise pharmaceutique, explorent une île perdue dans l’Océan pacifique Sud pour chercher de nouvelles ressources génétiques. Mais nos baroudeurs vont y découvrir les traces d’un terrifiant massacre…
Quelques années plus tard, Rin Tachibana, un lycéen ordinaire vivant à Tokyo, passe à proximité d’un appartement qui vient tout juste d’être le théâtre d’un effroyable drame familial : le massacre de toute une famille, suivi du suicide du père meurtrier. Mais voilà que Rin croise l’auteur de ce fait divers, censé être mort…

Nokuto Koike est capable du meilleur comme du pire, et souvent des deux à la fois. Le meilleur, c’est indubitablement son dessin et ses ambiances. 6000 est une perle visuelle d’une qualité rare, avec ses jeux d’ombres, son atmosphère réellement glaciale. Le pire, c’est parfois son scénario, et notamment la fin de ses récits. De ce côté là, 6000 était excellent sur les 2 premiers volumes… puis c’est la chute, pour aboutir à un final ridicule au quatrième volet. Les Oubliés est bien moins catastrophique de ce côté là, mais encore une fois, la fin est un peu trop simplette. En somme, Koike sait trouver les bonnes idées, mais pour ce qui est de les faire aboutir, ce n’est pas toujours ça. Il revient donc comme à son habitude avec un récit en 4 tomes, et après quelques hésitations, je me laisse tenter (Jeff, tu motives beaucoup…)

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Le premier volume de Mushroom est divisé en deux parties, que l’on devine très liées. La première, qui équivaut au premier chapitre, se déroule sur une île indigène, la seconde, dans un Tokyo des années 2000. Deux atmosphères différentes, un choix de narration usé mais efficace: rien à redire de ce côté là. Les effets de la contagion que je ne dévoilerai pas ici sont eux, en revanche, très originaux et promettent une évolution des plus interessante, quant à la suite de l’histoire. Le traitement du mystère est très bien fichu, la plongée dans le surnaturel puis dans l’horreur se fait en douceur: Koike n’a rien perdu de sa capacité à mettre en scène le surnaturel. Là où on peut rester dubitatif, c’est quant à la capacité de l’auteur à résoudre de manière convaincante les diverses pistes qu’il ouvre, surtout vu ses antécédents…

Une critique que j’ai beaucoup vu revenir, c’est la longueur du premier chapitre, qui se déroule sur l’île. Pour beaucoup, 60 pages, c’était trop… je ne suis pas tout à fait d’accord. L’auteur met en place beaucoup d’éléments qui à coup sûr seront réutilisés par la suite (genre le bébé là, vous avez pas cramé qui c’était? Plein de petits éléments qu’on peut croire anodins mais qui se révèleront sûrement cruciaux).

Un point un peu regrettable, c’est qu’arrivé à la fin du premier volume, le mystère a lourdement désépaissit. L’ambiance pourrait en pâtir lourdement dans les prochains volumes, c’est à suivre, faisons confiance à l’auteur pour renouveler son univers (il est doué pour cela)…

Komikku est toujours aux petits oignons avec cet auteur qu’il affectionne grandement. Cela se recent au niveau du soin apporté au premier tirage du volume, qui se voit garni d’une jaquette « effet métallisé » du plus bel effet. Petit plus qui peut convaincre!

Pour conclure, ce premier volume de Mushroom annonce un divertissement très agréable à suivre, si tant est que l’auteur maintienne sa série au même niveau. Habitué aux récits fantastiques/horrifiques, il n’en est plus à son coup d’essai, espérons qu’il aura su tirer les leçons de ses cafouillages passés! J’en profite quand même pour vous conseiller ses deux séries précédentes, 6000 et Les Oubliés, toutes deux frissonnantes.

A la folie… Pas du tout!

Fiche technique:

Auteur: Sora Ohno

Type: Seinen

Genre: Tranche de vie-Romance-Humour

Editeur VF: Delcourt/Tonkam

Nombre de tomes parus: 1 (1 volume fini)

Prix: 15€

Ah l’amour… Les petites fleurs, les oiseaux qui gazouillent, le soleil au beau fixe. Les coups d’aspirateur en pleine face. Les écrasements de tête dans les murs. Les étranglements avec cette écharpe si douce dans laquelle on aimait tant se blottir à deux. Sora Ono en a gros sur le cœur et dépeint dans À la folie… pas du tout! des couples qui se haïssent à l’extrême, mais toujours avec beaucoup d’humour !

Je l’attendais beaucoup beaucoup celui-là, et il a mit du temps à arriver, suite à de multiples reports… Mais enfin, le voilà! Il faut dire que c’est si rare de voir sortir chez nous ce genre d’objet-livre. Car A la Folie… pas du tout! se détache des codes de la bande dessinée pour proposer de courtes scènettes souvent en pleines planches qui s’étalent sur 2 ou 3 pages environ… et ce de manière assez inédite.

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Le livre se scinde en deux parties. Dans la première, c’est le conflit amoureux soudain qui est représenté. Ainsi, ce n’est pas moins de 32 petits bouts de vie qui défile au fil des pages, et le lecteur s’amuse de l’absurdité des retournements de situation, de la violence (toujours très physique) des coups, des faciès déformés. Chaque scène est accompagnée d’un petit adage qui vient parfaire le tout. La seconde partie, quant à elle, propose quelques techniques d’approche pour accoster sa belle, un guide de séduction loufoque, en quelque sorte. Ici, on moque le « Kabe don » (merci twitter), mais si, vous savez, quand le gars plaque la nana contre le mur pour faire genre trop viril t’as vu. Chaque méthode est plus absurde que la précédente. Les explication sur les conditions d’utilisation et les subtilités de de chaque pratique viennent assurer que A la Folie… pas du tout! est un véritable OVNI, comme on en a très peu vu en France.

Graphiquement, le trait de Sora Ono n’est pas sans rappelé celui de Takeshi Obata (Death Note, Bakuman, pour ne citer qu’eux). Tout se centre bien sûr sur la narration par l’image, et en particulier l’image en mouvement, qui n’a nul besoin de texte ou d’onomatopées pour impressionner!

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Maintenant, parlons de l’objet en lui même. Delcourt/Tonkam offre un tome grand format. Les pages contiennent toutes des éléments colorisés et le tout se présente sur papier glacé. Le jeu commence dès la couverture, semi-transparente, qui laisse apercevoir (comme on le repère déjà sur le visuel), le revers de la scène romantique. Car vraiment, c’est cet aspect ludique, cette pensée au lecteur, à ses réactions qui m’aura beaucoup plu dans le travail de Sora Ono.

Pour finir, je tire mon chapeau à Delcourt/Tonkam, qui, un peu hasardeux ces derniers temps, touche à tout et pas qu’en mal, ce qui aura permis l’arrivée de cette curiosité, dans une édition incroyablement travaillée qui vaut assurément son prix. Si vous aimez les bizarreries qui osent se libérer des codes narratifs de la bande dessinée, ne cherchez plus, voilà un livre qu’il vous faut!

 

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