DECOUVERTE MANGA #8 – LE CHANT DES SOULIERS ROUGES, FIRE PUNCH, GLOUTONS ET DRAGONS

Bonjour à tous! Je peine à rattraper mon retard, mais heureusement l’été arrive, et avec lui un peu plus de temps à consacrer au blog -je l’espère-! Sur ce, c’est parti!

  • Le Chant des souliers rouges:
Fiche technique:

Auteure: Mizu Sahara

Type: Shonen

Genre: Drame-Tranche de vie

Editeur VF: Kazé

Nombre de tomes parus: 1 (6 volumes fini)

Prix: 8,29€

Deux collégiens aux passions contrariées. Le hasard d’une rencontre. Des chaussures rouges échangées. Devenu lycéen, Kimitaka découvre que suite à ses encouragements, Takara, la fille à qui il a confié ses baskets, s’épanouit le ballon à la main. Inspiré, il décide à son tour de ressortir les souliers rouges pour se lancer dans le flamenco… et, peut-être, se trouver lui-même.

Quelques années après My Girl, Un Bus passe et A l’Unisson qui avaient fait chavirer les coeurs de pas mal d’amateurs, Mizu Sahara revient nous chanter ses souliers rouges, chez Kazé. Bonne nouvelle pour les adeptes du travail de l’auteure, mais aussi pour les non-initiés comme moi, qui trouvent ainsi parfaite occasion pour plonger dans son univers riche et sincère.

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Dès les premières pages, l’auteure captive par son trait d’une rare émotion. Vif et par instants maladroit, en émane une sensation de réel, de sentiments bien vivants. J’ai eu l’occasion d’entendre dire que sa palette d’émotion était assez restreinte… Je ne suis pas du tout de cet avis, je la trouve au contraire d’une subtilité folle. Son trait effacé, texturé et vague; tantôt cassé, tantôt arrondi, traduit une certaine nostalgie, une maladresse de l’émotion (qui se retrouve aussi dans la narration) qui pourra toucher le lecteur -mais laissera peut-être de marbre le perfectionniste-.

Le titre s’ouvre aussi sur un beau message, celui de savoir renoncer pour s’ouvrir sur autre chose, savoir se servir de ce qui nous pèse et en faire une force. C’est réellement autour de cela que va, je pense, tourner le récit. On voit que Takara a su saisir l’opportunité offerte par Kimitaka sur le toit, celle-ci, on le découvre bien vite, étant devenue très bonne joueuse de basketball. Reste que ce n’est pas le cas du jeune homme, resté plus ou moins captif de sa rancoeur. Les choses se mettent en place progressivement, avec la prise de conscience de Kimitaka, qui décide de s’intéresser au flamenco…

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Ce qui ressort de ce premier volume, vous l’aurez compris, c’est une émotion forte portée par des personnages dont la construction s’amorce très bien, dans leurs fragilités, leurs sensibilités, leurs espoirs. Des protagonistes qui se structurent au fil des pages et des expériences: qui grandissent. Car c’est sûrement de cela dont Le Chant des souliers rouges parle le mieux, le passage à l’âge adulte par l’épanouissement personnel.

Les personnages secondaires font plus office de soutien, et s’imposent juste assez pour être agréables (je pense au grand-père semi-dément de Kimitaka qui est à mourir de rire!). Beaucoup semblent reprocher au titre ses ficelles un peu trop voyantes, ses maladresses dans le hasard trop présent… Mais moi, je trouve que c’est ce qui lui donne tant de charme, amenant, comme dit plus haut, quelque chose de très touchant à cette ode au rêve.

Kazé offre un livre soigné, quoi qu’un peu cher. Jolies pages couleur pour débuter le volume.

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Ainsi, Le Chant des souliers rouges ne déçoit aucunement dans son introduction, et offre une approche de ses personnages et de ses enjeux tout en émotion et en finesse. Un des immanquables de cette première moitié d’année!

  • Fire Punch:
Fiche technique:

Auteur: Tatsuki Fujimoto

Type: Shonen

Genre: Fantastique-Action

Editeur VF: Kazé

Nombre de tomes parus: 1 (5 volumes en cours au Japon)

Prix: 7,99€

Dans un monde où tout est recouvert de glace, la famine et le chaos règnent sur la Terre. Parmi les quelques humains qui tentent de survivre, certains sont dotés de pouvoir surnaturels. Agni et sa soeur, Luna, font partis de ces « élus » et possèdent la faculté de se régénérer. Agni utilise ce pouvoir pour nourrir les habitants de son village. Pourtant cela ne suffira pas à les préserver du terrible malheur qui va s’abattre sur eux… Agni sera le seul survivant du massacre qui a brûlé tous ses proches. Il part alors dans une quête effrénée pour assouvir sa soif de vengeance !

Depuis voilà quelques mois, on entend de plus en plus parler d’un titre annoncé comme novateur, marquant et révolutionnaire: Fire Punch. Son arrivée en France ne se fait donc pas sans bruit, la communication de l’éditeur aidant beaucoup. J’ai eu la chance de pouvoir lire en avant-première le premier volume de ce nouveau phénomène grâce à mon bien aimable libraire (Christopher, si tu passes par là…) que je remercie grandement. Et donc, Fire Punch, la claque promise..? Pas vraiment, pour ma part.

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Il y a cependant beaucoup de bonnes choses dans ce premier volume (et c’est par là que je vais commencer). L’univers « post-apocalyptique » est très bien introduit, et l’auteur nous en dit juste assez le concernant pour nous donner envie de nous y aventurer d’avantage au fil du récit. Les objectifs du héros sont clairement fixés, on sait on où va, et on n’imagine mal l’auteur se perdre dans son intrigue. Même s’il ne brillent pas de part leur singularité certains personnages savent se rende plutôt attachants (comme le petit Sun, au final assez touchant, même si agaçant par moments). Graphiquement, c’est très blanc (en même temps vu le contexte…), mais pour autant très expressif et sombre. L’auteur sait jouer sur les crayonnés pour donner une impression un peu crade qui colle très bien avec la violence très présente dans ce premier volume. Ce qui me permet d’enchainer avec le négatif…

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Le titre n’est pas d’une violence insoutenable. C’est cru, certes, mais cela colle tout à fait au contexte inhumain du récit. Le soucis, c’est que par instants, le glauque est un peu forcé (je pense notamment à un passage avec des chiens… vous verrez). Et cette surabondance de violence du côté des antagonistes provoque une sensation de manichéisme: ils sont trop « méchants ». Le tout manque donc pour l’instant d’un contraste qui serait le bienvenu, car ici, ils ne pensent qu’à violer et massacrer tout ce qui bouge, faisant d’eux d’horribles pédophiles qui égorgent mères et enfants. L’intrigue en elle même se suit bien est sait se montrer prenante, même si encore une fois, pas très originale (on évitera pas certains poncifs qui font grincer des dents). Je ne m’attarderai pas sur le traitement des personnages féminins qui en prennent vraiment pour leur grade. Le trait de Tatsuki Fujimoto peine parfois à faire ressentir la fluidité de mouvement, et ce côté un peu figé m’a empêché de rentrer complètement dans les scènes de tensions.

En somme, Fire Punch s’annonce comme le prochain gros succès du catalogue du catalogue de Kazé. S’il n’est pas sans défauts, il sait se montrer très aguicheur, et offre un univers dense. Je ne sais pas si je ferai la série (j’attendrai peut-être quelques volumes), mais si vous êtes adeptes de récits sombres… foncez!

  • Gloutons et dragons:
Fiche technique:

Auteur: Ryôko Kui

Type: Seinen

Genre: Heroic Fantasy-Gastronomie

Editeur VF: Casterman

Nombre de tomes parus: 1 (4 volumes en cours au Japon)

Prix: 8,45€

Dépêchez-vous ! L’un de vos compagnons vient d’être dévoré par un dragon. Quand le monstre l’aura entièrement digéré, vous ne pourrez plus le ressusciter !
Mais voilà que votre équipe d’aventuriers affamés se retrouve privée de provisions en pleine exploration d’un donjon infesté de monstres. Et si la réponse était là, sous vos yeux ? Pleine de griffes ou de crocs, de poils ou d’écailles, de tentacules ou de pinces… mais appétissante, non ?

Mêler deux genres aussi éloignés que la fantasy et le culinaire, il fallait oser. Nous proposer cela en France, il fallait oser. Mais fort de son -pas si- petit succès au pays du soleil levant, Gloutons et dragons, de l’inconnue Ryôko Kui, arrive en fanfare aux éditions Casterman, pour le plus grand plaisir des amateurs d’entrecôtes de centaure sauce mandragore.

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Au delà de cet intrigant postulat, Gloutons et Dragons s’axe sur les (més)aventures d’une petite troupe d’aventuriers qui arborent un mystérieux donjon à la recherche du dragon qui s’est repu de la soeur de l’un des leurs; le tout, on le devine, plutôt prétexte à la confection de menus plus surprenants les uns que les autres! Et du monstre meurtrier à l’assiette, il y’a un peu plus qu’un pas…

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Le titre combine très habilement action, humour et culinaire. Les 4 héros ont chacun leurs caractère et particularités qui les avantageront dans la confection des plats. Le chevalier qui voue une passion secrète pour la dégustation de monstres, l’elfe un peu couarde mais téméraire, le rusé voleur et le nain spécialiste du domaine, tous se complètent pour offrir une cohésion de groupe très sympathique. Pour l’instant, aucun n’est vraiment laissé sur la touche, et le quatuor fonctionne plutôt bien. L’humour s’appuie grandement sur l’univers, d’ailleurs bien fourni de créatures de l’imaginaire collectif, qui le plus souvent -simple oeuf de basilic ou scorpion géant- finiront dans l’estomac de nos joyeux lurons. Sur ce point, le titre sait d’ailleurs se montrer surprenant, amenant dans l’assiette de l’inédit. La collecte des aliments ne se fera bien sûr pas sans peine, et fera appel aux talents de chacun des aventuriers, avant la récompense tant attendue -ou pas, pour certain(e)s-, du grand repas bien mérité.

Le dessin est quant à lui très formel, tant dans le trait que dans les effets de mise en scène. Découpage souvent très carré, et peu de jeux d’ambiance, ce qui n’empêche pas d’être pris dans l’histoire, car le coup de crayon finalement très clair permet un détail des créatures mais évite la surcharge et l’inutilement compliqué.

L’édition de Casterman est comme toujours très soignée. Couverture « cartonnée », papier épais, traduction bien trouvée… et ce que je préfère avec les livres Casterman… ça sent bon (oui je sens mes livres, et alors).

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Gloutons et dragons maitrise très bien son entrée en matière, se présentant comme un divertissement gourmand qui ravira les amateurs d’univers fantaisistes et de gastronomie. Un bonne pioche pour l’éditeur, qui depuis quelques temps proposait beaucoup de récits très sombres… Voilà de quoi sucrer un peu le catalogue!


C’est donc tout pour aujourd’hui… Est-il nécéssaire de m’excuser encore une fois du retard? De promettre un rythme que je n’arriverai pas à tenir? On va dire que non… Quoi qu’il en soit, merci de m’avoir lu jusqu’ici, et à très vite (du moins je l’espère)!

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