DECOUVERTE MANGA #7 – LE DERNIER ENVOL DU PAPILLON, INNOCENT ROUGE, GHOST & LADY.

Bonjour à tous! Aujourd’hui, au programme, voyage dans 3 époques et pays différents au travers de nouveautés -plus ou moins- récentes!

  • Le Dernier Envol du Papillon:
Fiche Technique:

Auteure: Kan Takahama

Type: Seinen

Genre: Historique-Tranche de vie

Editeur VF: Glénat

Nombre de tomes parus: 1 (One-shot)

Prix: 10,75€

Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…

Après l’avoir découverte l’année dernière avec son recueil d’histoires courtes, L’Eau Amère, publié chez Casterman, c’est avec grand plaisir que j’ai pu retrouver Kan Takahama dans ce nouveau récit complet, à la fois intime et doux.

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Les diverses intrigues se mêlent pour former une fresque finalement centrée sur le personnage de cette courtisane, Kicho. Enveloppée d’une aura de mystère qui paradoxalement s’étoffe au fil des pages, la jeune femme porte le récit avec brio, au milieu d’un groupuscule d’identités peut-être un peu plus classiques, mais qui restent néanmoins très intéressantes dans leur évolution.

En toile de fond se dresse un tableau subtil et réaliste de ce que pouvait être le Japon de ce temps. Dans un pays qui s’ouvre très tardivement au monde, la médecine « occidentale » peine à trouver sa place. La question de la place de la courtisane dans la société est aussi abordée mais bénéficie -heureusement- d’un traitement qui n’aspire pas à dénoncer, à donner une opinion explicite sur quoi que ce soit.

Le récit est sublimé par le trait fouillé de la talentueuse Kan Takahama, reconnaissable entre mille. Les aplats sont le plus souvent abandonnés pour des nuances de gris qui amènent un relief bienvenu; les arrière-plans et tenues traditionnelles sont extrêmement détaillés. La mise en scène et le découpage subjuguent de part leur élégance. Dans le trait, une inspiration franco-belge se fait ressentir, notamment dans les designs de certains personnages (l’auteure est par ailleurs très attachée au lectorat francophone. Elle réalisera en 2003 Mariko Parade avec Frédéric Boilet).

Glénat livre une édition des plus soignée, et sort son plus beau papier pour faire honneur à la pointure. Au final, l’ouvrage vaut parfaitement son prix.

Romance intime comme on aimerait en voir plus souvent, Le Dernier envol du papillon est un titre à conseiller à tous les amateurs de poésie dramatique, adeptes ou non du travail de l’auteure.

  • Innocent Rouge:
Fiche Technique:

Auteur: Shinichi Sakamoto

Type: Seinen

Genre: Historique-Suspens

Editeur VF: Delcourt/Tonkam

Nombre de tomes parus: 1 (5 volumes en cours au Japon)

Prix: 7,99€

À l’aube de la Révolution, Charles-Henri Sanson, maître des hautes oeuvres de Paris, règne sur la famille des exécuteurs de France. Sa jeune soeur Marie-Josèphe, en charge de l’office de Versailles, devient incontrôlable à la mort d’Alain, son premier amour. Elle se jure de le venger en éliminant son assassin et ne recule devant rien pour renverser le système injuste qui lui a coûté la vie.

Près de 5 mois après la sortie du dernier volume de la première saison d’Innocent, les Sanson reviennent pour… oh wait. C’EST QUOI CETTE COUVERTURE.

Y’a pas à dire, c’est la première chose qui frappe. Et ça fait mal. Depuis quelques temps, les éditeurs semblent s’accorder sur le fait que faire de jolies couvertures, c’est désuet (on avait eut Les Fleurs du mal, Perfect Crime etc.. mais cette adaptation est peut-être la plus déplorable de toutes). Ici, rien ne va. Le fond, la police trop stylisée (et les ombres blanches, sérieux?), le dos noir et beaucoup trop travaillé encore une fois, la quatrième de couverture à l’effet parchemin (d’autant plus dérangeant que ça me fait penser à Fairy Tail!!) etc… rien à voir avec le travail fourni sur la première saison. Enfin, ne nous étalons pas sur de la médisance inutile, le mauvais est évacué, maintenant, place au grandiose, place au génie, place à Innocent Rouge.

L’histoire prend la suite directe des évènements qui clôturaient (magistralement) le neuvième volume d’Innocent premier du nom. Je ne vais donc pas m’appesantir d’avantage sur les évènements de ce premier (dixième?) tome, les aficionados de la saga n’y trouveraient pas leur compte. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’univers n’a rien perdu de son panache. La révolution, bien qu’encore loin, se met progressivement en place, portée, entre autres, par Marie-Josèphe, plus puissante et déterminée que jamais.

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On retrouve l’esthétique du macabre qui avait tant fait parler, dans des scènes d’exécution toujours aussi puissantes, cruelles et lyriques dans leur mise en scène: des mises à mort empreinte d’animalité (la foule sauvage amassée comme au cirque qui aboie son sang) , mais aussi -et surtout- d’humanité (souvent chez le bourreau et la victime, la relation qui se noue dans l’instant entre le condamnant et le condamné). Le graphisme extrêmement minutieux, détaillé de Sakamoto retranscrit à merveille la palette d’émotion inépuisable et nuancée qu’impute l’auteur à son oeuvre. Il fournit un travail d’une élégance toujours aussi incroyable, s’appuyant sur le symbolique, le métaphorique de certaines images… un trait réaliste à l’extrême que certains trouveront trop chargé, « trop parfait » lui préférant le style adopté dans Ascension, son précédent chef d’oeuvre.

Couverture mise de côté (même si vraiment ça passe mal), Delcourt/Tonkam propose une édition tout à fait correcte, une traduction efficace, un papier opaque… bref, dans les standards de l’éditeur.

En somme, Innocent repart pour un tour et ne faiblit jamais, offrant à son nouvel arc une introduction sans temps mort et confirmant une fois de plus que sa puissance et sa capacité à marquer les esprits et le média n’ont rien à envier aux grands classiques du manga. Une oeuvre (et un auteur) que je vous invite tous à découvrir au plus vite!

  • Ghost & Lady:
Fiche Technique:

Auteur: Kazuhirô Fujita

Type: Seinen

Genre: Historique-Fantastique-Suspens

Editeur VF: Ki-oon

Nombre de tomes parus: 1 (2 volumes fini)

Prix: 8,90€

Au XIXe siècle, le théâtre royal de Drury Lane est connu pour être hanté par un spectre terrifiant. L’homme, vêtu d’un long manteau gris et coiffé d’une perruque poudrée et d’un tricorne, n’apparaît que lors des premières de pièces vouées au succès ! L’homme en gris, ou Grey, comme il souhaite qu’on l’appelle, aime les pièces de qualité pour une raison bien particulière : c’est quand les gens sont captivés par le spectacle que les esprits enragés nés de leurs sentiments négatifs s’apaisent et se taisent enfin. Le silence, le calme, c’est à cela qu’il aspire ! Des monstres créés par des âmes torturées, il en a vu dans son existence de fantôme. Mais rien ne l’avait préparé à sa rencontre avec Florence Nightingale… La jeune fille de bonne famille débarque un jour à Drury Lane, avec sur ses épaules l’esprit le plus énorme et le plus terrifiant qu’il ait jamais vu ! Indifférent à son entourage, c’est l’âme de sa propre créatrice que ce dernier réduit en lambeaux à longueur de journée… Plus étonnant encore, Florence voit Grey ! Le pas décidé et le regard triste, elle lui lance une supplique : “Tue-moi…” Ces mots scellent le sort de ces deux êtres que tout oppose, pourtant liés par un destin plus fort que la mort…

Commençons par le commencement.

Fujita est le mangaka préféré de ton mangaka préféré, tout ses mangas sont des chef d’oeuvres

Haru, 1er mai 2017 (fautes d’orthographe conservées par soucis du détail)

Je ne sais pas si Asano lit les livres de Fujita (peut-être, et après tout pourquoi pas!), mais une chose est sûre, le bonhomme sait manier la plume. Déjà repéré depuis bien longtemps par les connaisseurs pour ses deux séries phares, à savoir Karakuri Circus (dont la publication aura été stoppée chez nous au tome 21, soit à la moitié du titre…) et Moonlight Act (qu’il est presque impossible de commencer aujourd’hui tant certains tomes sont introuvables à prix décents). Vous l’aurez compris, même si l’auteur a son cercle de fervents lecteurs, en France, son succès est excessivement relatif (le travail désastreux des éditeurs sur les séries susnommées n’aidant en rien). Mais, contre toute attente, Ki-oon décide l’année dernière de nous proposer plusieurs courts récits du mangaka au sein d’une collection dédiée: Black Museum. C’est ainsi qu’en septembre dernier arrivait en France le (très bon) one-shot Springald, qui a ouvert la porte à l’oeuvre dont il est question aujourd’hui: Ghost and Lady.

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Ce qui m’a tout de suite plu à la lecture de ce premier opus, c’est l’aisance avec laquelle l’auteur nous plonge dans l’Angleterre du XIXe siècle, si bien retranscrite et ayant une importance majeure dans le récit, l’intrigue s’inscrivant clairement dans l’Histoire -avec un grand H-. En effet, le lecteur retrouvera moult personnalités historiques -plus ou moins fantasmées- au fil des pages, à commencer par l’héroïne, Florence Nightingale, infirmière notamment célèbre pour son rôle majeur dans la modernisation de la médecine. Dans ce premier volume, un long passage est consacré son intervention sur le terrain, lors de la guerre de Crimée, ce qui donnera lieu à bien des rencontres…

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Certaines pages mettant l’accent sur le caractère « monstrueux » de Grey pourrait laisser croire à une lecture très sombre mais… il n’en est rien. Je dois même dire que le duo de personnages au caractère bien trempé m’aura par moments bien fait rire! L’auteur conjugue dialogues cyniques, humour noir, situations décalées et designs absurdes pour un rendu des plus divertissant… de quoi passer un très bon moment de détente.

Le trait ultra-détaillé de Kazuhirô Fujita allie créatures, architectures et vêtements réalistes et personnages plus « cartoony » pour un contraste atypique et d’autant plus appréciable, qui témoigne de l’étendue des capacités du maître. Mention spécial au design des « esprits » néfastes rattachés à tous les Hommes qui symbolisent leur rancœur et tous leurs mauvais sentiments, à la fois effrayants et burlesques.

Ki-oon fournit une édition d’une qualité admirable, avec notamment de très belles pages couleur en début de tome, et un travail remarquable sur la couverture, effet « vieux livre ». Ajoutez à cela un livre de plus de 300 pages de BD et des personnages très bavards… le lecteur en a pour son argent!

Ghost & Lady est donc un grand mix de plein de bonnes choses qui mélange fantastique et historique, réalisme et caricature, horreur et humour, etc. Porté par un duo de protagonistes hauts en couleur, il séduira assurément tout lecteur à la recherche d’un divertissement riche et travaillé! On attend le second et ultime volet pour découvrir le dénouement de cette histoire rondement menée.


Voilà, c’est tout pour cette fois… Comme certains ont pu le remarquer (ou pas…) cet article a mis un peu de temps à venir, et au final est très hésitant (je n’arrivais plus à écrire, c’était terrible..). Mais il est là, et merci à vous de l’avoir lu jusqu’au bout!

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