DECOUVERTE MANGA #6 – APRES LA PLUIE, TO YOUR ETERNITY, MUSEUM.

Bonjour à tous! Aujourd’hui, je ne vous présenterai pas une unique nouveauté, mais bien trois. Pourquoi? Simplement par gain de temps. En effet, il y a plein de choses dont je voulais vous parler… mais la rédaction d’un article (me) demande beaucoup de temps. J’opte donc pour des analyses un poil plus concises, que je regrouperai au sein d’un seul et même article. J’espère que cela vous contentera tout de même, et sur ce, commençons!

  • Après la Pluie:
Fiche Technique:

Auteur: Jun Mayuzuki

Type: Seinen

Genre: Tranche de vie-Romance

Editeur VF: Kana

Nombre de tomes parus: 1 (7 volumes en cours au Japon)

Prix: 7,45€ (5,95€ pour le premier volume)

Akira Tachibana, 18 ans, est en classe de première au lycée.
Après les cours, elle travaille dans un restaurant familial géré par Masami Kondô, 45 ans. La jeune fille, plutôt introvertie, est secrètement très attirée par son patron. Alors qu’Akira s’apprête à peine à sortir de l’adolescence, Kondô, lui, est déjà à la moitié de sa vie. Une histoire d’amour à suivre de près…

Voilà une nouveauté que j’ai beaucoup hésité à me procurer… mais certains ont su me convaincre de sauter le pas (ils se reconnaitront), et je les en remercie, car quelle découverte!

apres-la-pluie-1-kana

Une ambiance unique émane de ce premier volume, à la fois doux et mature. Le récit est en grande partie centré sur le personnage d’Akira, lycéenne aux goûts hors du commun, mais -contrairement à ce que l’on pourrait imaginer- plutôt discrète. Malgré cette focalisation, peu de pensées de la jeune fille sont explicitées: tout passe par le dessin, ce qui permet de préserver une certaine intimité, un quasi-mystère, qui colle très bien au personnage. Là où le titre excelle, c’est dans sa capacité à faire ressentir une émotion, tout en restant dans le non-dit. Ainsi, beaucoup de plans serré qui insistent sur le visage de l’héroïne…

b015

…mais aussi une décomposition, une segmentation de l’image quasi-cinématographique, pour exprimer l’instant qui dure, qui importe: le naturel de ce qui s’intériorise.

Tout en préservant la poésie de son trait, l’auteur touche parfois à la caricature -ou du moins à des designs plus comiques-, quand il s’agit de faire ressortir l’extravagance d’une situation ou de certains personnages.

L’auteur joue avec les codes graphiques du média (trames, découpage, onomatopées, jeux d’ombres, etc) pour se créer une ambiance visuelle très reconnaissable.

Après la pluie est donc une romance mature, et dans ce premier volume s’amorce déjà, souvent par le biais de gags, d’instants décalés, les questions du regard des autres, du conformisme; le tout, de manière très contemplative et implicite. On se laisse guider par l’auteur, qui petit à petit étoffe ses personnages de la plus belle des façon. Par une attention toute particulière aux éléments du quotidien, aux petits détails -pas forcément très esthétiques- de l’autre, Jun Mayazuki dépeint un amour profondément sensible et réaliste.

Même si je suis blessée, et même s’il pleut… je continuerai de travailler au resto !

L’édition est de très bonne facture. Papier très fin (comme souvent avec Kana) mais peu transparent. Encore une fois, l’initiative de modifier l’illustration en couverture a fait débat, mais je trouve le rendu final plutôt réussi (et l’originale apparait en quatrième de couverture).

En somme, Après la pluie est un titre très intime à ne pas louper, teintée d’une poésie certaine, et qui, j’en suis sûr, saura trouver son public. A noter qu’une adaptation en anime a été annoncée.

  • To your Eternity:
Fiche Technique:

Auteure: Yoshitoki Oima

Type: Shonen

Genre: Aventure-Fantastique

Editeur VF: Pika

Nombre de tomes parus: 1 (2 volumes en cours au Japon)

Prix: 6,95€

“C’est à l’épreuve de la réalité que je saurai ce que je suis… Voilà pourquoi mon voyage commence.”
Un être immortel a été envoyé sur Terre. Il rencontre d’abord un loup puis un jeune garçon vivant seul au milieu d’un paysage enneigé. Ainsi commence le voyage de l’Immortel, un voyage fait d’expériences et de rencontres dans un monde implacable…

Après le succès sans appel de A Silent Voice chez Ki-oon (qui m’avait sur certains points quelque peu mitigé), le lectorat français a le plaisir de retrouver la désormais célèbre Yoshitoki Oima dans un tout autre registre, avec To Your Eternity… enfin, c’est vite dit! Car même si l’on quitte ici notre réalité, pour un univers bien plus féérique, on retrouve l’idée phare du travail de l’auteure -bien sûr soumise à un traitement différent-: l’humain, son rapport aux autres, à ce qui l’entoure.

to-your-eternity-1-pika

Le récit s’ouvre sur un premier chapitre de plus de 80 pages d’une densité assez incroyable, et qui, tant il est complet et présente de manière travaillée son univers, pourrait presque se suffire à lui-même (car auto-conclusif). Cette introduction est indubitablement marquante, et délivre un très beau message sur la transmission de valeurs, d’idées, de mémoire… de vie -presque au sens propre, d’ailleurs-. L’entrée en matière, puissante et dramatique, s’impose comme le gros point fort de ce premier volume (la couverture lui rend d’ailleurs hommage), le reste du tome n’ayant pas à rougir.

J’ai un service à te demander… Souviens toi de moi.

L’auteure parvient à créer un univers dont on ne saisit pas encore toute la mécanique, que l’on devine cependant immensément vaste. La poésie mystérieuse qu’il dégage apporte une densité certaine au récit et aux personnages. Et voilà d’ailleurs l’un des principaux point fort de l’oeuvre: ses personnages. Très divers mais tous touchants à leur manière, leur profondeur est suggérée et il paraissent aux yeux du lecteur résolument humain (certains sont extravagants, comme la petite March, d’autres intériorisent plus, comme « le garçon »).

Graphiquement aussi, je préfère le travaille de Yoshitoki Oima dans To Your Eternity (bien que A Silent Voice regorge de bonnes idées). Une chose ressort d’abord des planches: c’est blanc. En effet, l’auteure n’utilise qu’assez peu de trames, et quand elle y a recourt, celles-ci sont souvent épurées. Le trait est sûr, les crayonnés assez rares (surtout dans les univers neigeux), et en ressort une clarté éblouissante.

|||HTTP_X_FORWARDED_FOR|217.160.111.31|||REMOTE_ADDR|162.158.91.96|||HTTP_CF_CONNECTING_IP|217.160.111.31

Les couvertures de la séries sont tout bonnement splendides (en particulier celle de ce premier volume), et retranscrivent très bien l’ambiance du titre. Pika ne nous aura pas fait attendre, et nous propose ce premier volume à peine plus de trois mois après sa parution japonaise. L’édition est propre. La traduction est très bien pensée et aucun soucis avec le papier, cette fois-ci (ouf…).

L’auteure se surpasse et propose quelque chose d’à mon sens encore plus intéressant qu’avec sa précédente série. Dans To Your Eternity, Yoshitoki Oima fait encore une fois la part belle aux sentiments humains. De la solitude aux croyances, du partage au sacrifice, du passage à l’âge adulte à la notion même d’humanité, ce voyage initiatique invite à la méditation et fera echo à beaucoup d’éléments du vécu de tout un chacun.

  • Museum:
Fiche Technique:

Auteure: Ryôsuke Tomoe

Type: Seinen

Genre: Suspens-Thriller

Editeur VF: Pika

Nombre de tomes parus: 1 (3 volumes fini)

Prix: 8,05€
Les sentences tomberont comme la pluie.
Une femme dévorée par des chiens, un homme découpé en petits morceaux… une série de meurtres ébranle Tokyo. La police n’a d’abord qu’un seul indice qui relie les crimes entre eux : une signature sur chaque scène de crime sous la forme d’un verdict inscrit sur un papier. Le lieutenant Sawamura et le sergent Nishino enquêtent mais manquent cruellement de pistes.   Quelle est la motivation du tueur ? Pourquoi les scènes de crimes sont-elles si différentes les unes des autres ? Et quelle est la signification de cette sentence laissée auprès des victimes ?

Pour conclure, changeons totalement de registre et intéressons-nous à un thriller policier, certes pour le moment assez classique dans son déroulement, mais loin d’être dénué d’intérêt…

museum-1-pika

Museum, c’est l’archétype du récit policier construit pour être court, efficace: aller droit au but. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la machine est huilée. Ce premier tome est sans temps mort, et met l’accent sur les scènes de tension, très bien construites. C’est à coup de révélations et de twists que l’auteur maintient toute l’attention du lecteur, si bien qu’il lui est difficile de lâcher le volume avant d’en arriver à bout. Car c’est bien comme un page-turner que Museum a été pensé, le tout étant de savoir si le lieutenant parviendra à arrêter le mystérieux tueur au masque avant que ce dernier ne parachève son oeuvre macabre…

Capture d’écran 2017-04-21 à 12.43.09.png

Graphiquement, le design du tueur est franchement bien pensé. Le réalisme des personnages, le découpage très géométrique et l’aspect « trop » propre et lissé de l’environnement apporte une froideur qui étoffe un peu plus l’ambiance du titre.

Capture d’écran 2017-04-21 à 12.43.41.png

Un regret néanmoins vis-à-vis de la figure supposément mystérieuse du tueur… On en sait vite trop sur son identité et ses intentions, ce qui nuit à sa position quasi-mystique. Les actes de ce dernier restent néanmoins dans un premier temps très difficiles à prévoir, et quand la police intervient, il est souvent trop tard.

Pour conclure, Museum est un très bon thriller divertissant, qui vous collera assurément des frissons, sans pour autant se présenter comme un indispensable à avoir à tout prix. A noter que le titre paraitra également dans la collection Graphic de l’éditeur. Finie en deux volumes, cette édition de luxe sera agrémentée de bonus divers, comme quelques histoires courtes de l’auteur (dans le même univers?).


Voilà, c’est tout pour aujourd’hui! J’espère vous avoir donné envie de vous pencher sur au moins l’un de ces titres, si ce n’était pas déjà fait. Je vous retrouve au plus vite, en espérant que cette adaptation du format « découverte » vous convienne!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s