découverte manga #5 – La petite fille aux allumettes

Fiche Technique:

Auteur: Sanami Suzuki

Type: Seinen

Genre: Aventure-Fantastique

Editeur VF: Komikku

Nombre de tomes parus: 2 (5 volumes en cours au Japon)

Prix: 7,90€

Déjà connue en France pour son travail sur le triptyque Black Rock Shooter – Innocent Soul (où elle n’officiait qu’au dessin), paru il y un certain temps déjà chez Panini; Komikku nous propose de redécouvrir Sanami Suzuki au travers d’une nouvelle série, très librement inspirée du célèbre conte d’Andersen: La Petite Fille aux Allumettes. Principalement attiré par ce que l’auteure a à proposer au dessin, je me lance finalement dans ce nouveau titre…

Bonjour, je m’appelle Rin.

Je suis vendeuse d’allumettes chimériques.

Ça peut paraître un peu désuet, mais le style rétro est à la mode !

Ces allumettes donnent forme aux chimères, autrement dit à ce qu’on pense quand on les allume.

Et si je vous proposais de réaliser votre rêve ultime contre un an de votre vie, ÇA VOUS TENTERAIT ?

A quelques exceptions près, le même schéma narratif se répète à chaque chapitre. La jeune vendeuse d’allumettes chimériques, Rin, se retrouve à proposer ses services à un personnage qui en a besoin et qui en abusera, ce qui se retournera très souvent contre lui. Cependant, ce n’est pas pour autant que la lecture en devient lassante, bien au contraire. En effet, chaque histoire jouera sur un ton qui lui sera propre. Là où certaines s’avèreront comiques, voire absurdes, d’autres seront plus tragiques, et même oniriques. Même si je n’ai pas autant apprécié tous les récits (notamment les deux premiers, que j’ai trouvé bien en dessous du reste, ce qui est dommage étant donné qu’ils ouvrent la lecture…), beaucoup auront très bien marché sur moi. L’auteure n’hésite pas à conclure brutalement certaines de ses aventures, ce qui pourrait être vu comme un mal, mais est finalement très bien géré et s’appuie sur le « choc » qui découle de certaines révélations qui ont, pour la plupart, su me surprendre. En parallèle de ces récits cycliques se met en place un fil rouge, et le lecteur découvre bien vite de nouveaux personnages qui se feront récurrents (comme la rivale de l’héroïne ou le petit être qui l’accompagne). Nul doute que cette trame principale prendra plus d’importance au fil des tomes.

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Sans jamais tomber dans une bien-pensance malvenue, le titre propose tantôt des idées, questionnement et messages, sans pour autant les imposer au lecteur, qui reste finalement maître de sa pensée. C’est donc très humblement qu’au travers de ses récits, l’auteure délivrera quelques perceptions de vie assez justes et bien amenées. Cependant, ne vous y trompez pas! On reste ici en présence d’un titre détente, qui n’a aucunement la prétention de faire réfléchir outre mesure le lecteur, mais bien de le divertir.

L’atmosphère du titre, onirique et fantastique, colle à merveille au trait de Sanami Suzuki. De part des angles de vue inspirés, un découpage pensé et des décors fouillés, l’auteure fait ressentir tout « l’étrange » de son récit. Le design des personnages, bien sûr, apporte aussi beaucoup à cet aspect de l’oeuvre. Ils sont, pour la plus part, à la frontière de la caricature, tant les proportions sont exagérées.

Bien que très agréables à la lecture, ces deux premiers volets des aventures de Rin ne sont pas exempt de défauts. On pourrait par exemple reprocher qu’un élément majeur, à savoir la perte d’une année d’existence à l’achat d’un paquet d’allumettes, soit balayé, voire même totalement occulté au fil des histoires. Cette condition d’achat n’est même pas mentionnée la plupart du temps, et le lecteur est en droit de se demander ce que cette ficelle apporte au récit, tant elle est ridiculement inexploitée, alors que mise en avant dans le synopsis. On peut également trouver par instants la manière dont certains possesseurs d’allumettes usent de leurs artefacts magiques un poil trop naïve et irresponsable, en les cramant sur un coup de tête (rappelons qu’ils les ont obtenu en l’échange d’un an de vie, chose que même l’auteure semble avoir oublié…).

Cependant, Sanami Suzuki éloigne de nous une crainte: celle de sa capacité à se renouveler. En effet, comme évoqué plus haut, l’auteure montre qu’elle sait diversifier les ambiances et les intrigues, et on retiendra certaines scènes/histoires vraiment à part, comme, par exemple, celle se déroulant dans les abyss, ou bien celle mettant en scène l’amitié entre un rocher et une fleur…

macchi-shoujo-manga-The-Little-Match-Girl

Comme d’habitude, avant de conclure, un petit mot concernant l’édition, qui est, comme souvent avec Komikku de très bonne facture. C’est sur de très belles pages couleur que s’ouvrent les ouvrages (voir illustration ci-dessus). Je n’ai pas noté de coquilles aberrantes, et globalement, la traduction retranscrit bien l’univers et l’ambiance de la série.

En conclusion, même si loin d’être une lecture indispensable que je vous recommanderais inconditionnellement, La Petite Fille aux Allumettes est une série qui sait se démarquer du lot, et dont l’univers graphique comme narratif pourrait vous faire passer un agréable moment de lecture.

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5 commentaires

  1. « Sans jamais tomber dans une bien-pensance malvenue, le titre propose tantôt des idées, questionnement et messages, sans pour autant les imposer au lecteur, qui reste finalement maître de sa pensée. »
    >> J’ai aussi cette impression, et j’ai d’ailleurs était très surprise. Je m’attendais à une lecture distrayante.. et op, elle te balances des petites vérités acerbes, c’est surprenant !
    « On pourrait par exemple reprocher qu’un élément majeur, à savoir la perte d’une année d’existence à l’achat d’un paquet d’allumettes, soit balayé, voire même totalement occulté au fil des histoires. »
    >> Pour le moment, je ne me suis pas dit qu’elle avait négligé ce point, juste qu’elle prépare le terrain pour en parler plus amplement dans le prochain tome.

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    1. Merci pour ces retours! Disons que, concernant la conséquence de l’achat… c’est quelque chose de « tellement important », que le laisser de côté à ce point me dérange. C’est quelque chose qui devrait freiner à l’achat, amener des questionnement, au moins un micro-doute… Mais là, c’est à peine si c’est relevé :/

      Enfin, j’attends la suite, qui confirmera (ou non) tout le bien que je pense de cette introduction, et lèvera peut-être mes réserves!

      J'aime

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