Découverte manga #4 – March Comes in like a lion

Fiche Technique:

Auteur: Chica Umino

Type: Seinen

Genre: Tranche de vie-Social-Sport

Editeur VF: Kana

Nombre de tomes parus: 2 (12 volumes en cours au Japon)

Prix: 7,45€ (premier tome à 5,95€)

Avant la lecture des deux premiers volumes de March Comes in like a lion, je ne connaissais absolument rien au shôgi. L’auteure, Chica Umino, m’était elle aussi totalement inconnue (j’ai toujours eu de très bons échos sur sa précédente série, Honey & Clover, mais n’ai jamais sauté le pas). Si je me suis lancé dans cette nouvelle série, c’est donc en grande partie à cause/grâce à la « hype » qu’il y avait autour de sa sortie. Moi qui ai d’habitude tendance à éviter les titres qui font trop jaser, de peur d’en être déçu ou gavé, j’ai décidé de me laisser prendre au jeu et de tenter l’expérience. Et donc, March Comes in like a lion, c’était bien?

Rei Kiriyama est lycéen, il habite seul dans un quartier populaire de Tokyo. Malgré son jeune âge il est joueur professionnel de shôgi. Enfant, il a perdu toute sa famille dans un accidente et depuis il vit dans une grande solitude. Un jour, il fait la connaissance de trois soeurs: Akari, Hinata et Momo. A leur contact, Rei change peu à peu…

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De ces deux premiers volumes ressort d’emblée un sentiment d’humanité. Le récit s’axe autour du personnage principal, Rei. Son ressenti et ses questionnements se superposent à l’histoire, et le lecteur s’identifie assez vite à lui, et pour cause: Rei est à mille lieux du personnage binaire et linéaire. Le milieu du shôgi, comme tout milieu de compétition, est loin d’être tendre et notre protagoniste sera amené à faire des choix moraux assez rudes s’il veut continuer à évoluer. Bien vite, on comprendra donc que notre héros sait faire preuve d’un certain égoïsme, souvent à contre coeur, mais tout de même (et ça fait plaisir de voir un personnage principal qui pense un peu à ses intérêts dans ce type de récit). Mais Rei reste néanmoins un personnage foncièrement bon, au passé pas franchement évident. Il trouvera au contact des trois soeurs un substitut familial qui le motivera à persister, lui donnera les moyens et l’envie d’avancer.

Les duels de shôgi tiennent pour le moment une place assez minime dans le récit. Ici, le sport sert avant tout à illuminer ou à compléter des personnalités. La façon de jouer des personnages en dira souvent long sur leur caractère, et la manière dont ils appréhenderont l’aboutissement d’une partie également. On se concentre donc d’avantage sur le quotidien
002_06_19_2016_08_26_08du héros que sur les phases de jeu, mais cela ne signifie aucunement que ces dernières sont superflues ou mal traitées. L’aspect professionnel est également amené avec réalisme. Les soucis de rémunération sont par exemple abordés, et plus que le sport en lui même, c’est l’univers qui l’entoure que l’auteure exploite dans sa série. La vision externe de cette activité professionnelle est aussi explorée de manière assez nuancée. Il est cependant un peu dommage que les règles ne soient clairement exposées qu’au tome 2, mais si le lecteur occidental a quelques repaires en échec, il n’aura pas de mal à suivre les duels du premier tome. Sont également très appréciables les petites notes explicatives sur l’univers du shôgi entre les chapitres, qui sont très instructives sans jamais être barbantes.

Même si je n’en ai pas parlé pour le moment, les personnages secondaires sont très bien construits. Tous subtilement traités, ils sont, pour la plupart, tout aussi complexes et aboutis que notre héros (à commencer par Akari, l’ainée des trois soeurs).

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Dans March Comes in like a lion, le vécu des protagonistes tient une place très importante, quoi de plus normal pour un manga sur la reconstruction personnelle. Même s’il faut attendre le tome 2 pour en savoir un peu plus sur le passé de Rei, on se doute que tout n’est pas encore dit.

Malgré le quotidien pas évident du personnage, le manga ne sur-dramatise pas du tout. Beaucoup de scènes humoristiques à l’ambiance légère parcourent ces premiers volumes, notamment portées par Nikaidô, le grand rival de Rei et son meilleur ami (?); Momo, la plus jeune des trois soeurs; mais aussi les chats d’Akari (que je trouve personnellement à mourir de rire). On note aussi quelques références (notamment à One Piece et Totoro) qui fonctionnent plutôt bien. L’ambiance tendre et chaleureuse est renforcée par le trait doux, arrondi et si particulier de Chica Umino, que je découvre ici. Le chara-design est à la fois mignon et réaliste et se prête parfaitement à tous les aspects du manga. Ce réalisme se retrouve dans les décors, souvent très fournis ou aboutis. Un soin tout particulier est apporté au design de l’intérieur des trois soeurs, très chargé et animé, vivant, contrastant avec le triste minimalisme  de l’appartement de Rei.

Les scènes d’émotions sont tout aussi bien travaillées et brillent de part leur justesse, leur finesse graphique et narrative, et leur mise en scène très bien pensée.

L’édition de Kana est correcte, sans être spécialement travaillée. Je ne suis pas fan de leur travail sur les couvertures, mais reconnais qu’il fait sens (comme je l’ai évoqué, le vécu, les souvenirs et le quotidien tiennent une place majeure dans la série). La traduction  est fluide et inspirée, et retranscrit superbement l’ambiance du titre. Je suis un peu plus dubitatif concernant les recettes « offertes » à l’achat des tomes. En effet, je ne vois pas trop ce que ça vient faire là… le thème principal du manga étant le shôgi (on parle quelques fois de nourriture, mais rien de comparable, vraiment). Cependant, je ne peux pas estimer la qualité de ces cartes-recette étant donné que mon libraire ne les a pas reçu… comme beaucoup d’autres vendeurs, semble-t-il. Enfin, sortir les deux premiers volumes de la série simultanément était, selon moi, une plutôt bonne idée. En effet, la scène finale du second volume est si marquante qu’il est difficile de ne pas vouloir dévorer la suite au plus vite. Le timing de parution est également bien réfléchi: l’anime, toujours en cours de diffusion, boostera surement les ventes du titre. Par ailleurs, si cette adaptation vous intéresse, Api parle des premiers épisodes de cette dernière dans son « Bilan de la saison animé d’automne 2016 », dont je vous met le lien en fin d’article.

Pour conclure, March Comes in like a lion s’impose comme un des titres forts de ce début d’année 2017. Riche en émotion et très prenant à suivre, il se présente d’ores et déjà comme un essentiel du catalogue de l’éditeur.


Article de Api sur l’anime : Bilan Animes 2016

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6 réflexions sur “ Découverte manga #4 – March Comes in like a lion ”

  1. J’avais repéré le titre depuis déjà quelques années et je commençais à désespérer de le voir un jour paraître en France. Honey & Clover n’avait malheureusement pas bien fonctionné et j’ai été très étonné de voir Kana retenter du Chica Umino. Mais inutile de dire que j’ai sauté sur les deux tomes dès leur sortie ^^

    Aimé par 2 people

      1. Haha, oui il écrit très bien et comme il a les mêmes lectures que moi c’est parfait. Si ça peut aider d’autres à découvrir ces titres c’est encore mieux!

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